En faisant le point sur l'économie canadienne, le Conference Board affirmait lundi matin que l'endettement des Canadiens nuit à la croissance économique. En d'autres termes, ça vient réduire la consommation, une part très importante de la croissance du PIB.

Un texte de Gérald Fillion

Dans une autre étude, Desjardins écrivait que les Québécois sont de plus en plus endettés. Et le Fonds monétaire international, lui, allait jusqu'à dire que la Banque du Canada devrait évaluer la possibilité de baisser son taux directeur si l'économie faiblit davantage.

Alors, la question : y a-t-il péril en la demeure?

Depuis des années, les autorités affirment que les Canadiens sont endettés et que les prix des maisons sont surévalués dans plusieurs marchés. Dans la perspective d'une hausse des taux d'intérêt ou d'un ralentissement important de l'économie, plusieurs économistes s'inquiètent des conséquences que cela pourrait avoir sur la santé financière des ménages, sur le bilan des banques et sur l'ensemble de l'économie canadienne.

Desjardins cite dans son étude les données d'une enquête d'opinion effectuée par Ipsos Reid au Québec. Voici quelques résultats :

  • de 2000 à 2015, la dette moyenne des ménages (y compris les prêts hypothécaires, les prêts à la consommation, les cartes de crédit, les marges de crédit et les prêts auto) a augmenté de 90 %, passant de 42 000 $ à 80 000 $;
  • durant la même période, les prix à la consommation ont grimpé de 30 %;
  • les avoirs des ménages (actifs financiers, résidences, voitures, meubles, biens personnels) sont passés d'une moyenne de 145 000 $ en 2000 à 300 000 $ en 2015, une progression de près de 110 %.

Les Québécois ont dû payer plus cher pour acheter une résidence au fil du temps. Mais la valeur de leur maison occupe une plus grande place aujourd'hui dans leurs avoirs. « Plus de 30 % des ménages ont maintenant des actifs supérieurs à 350 000 $, écrit Desjardins, alors que cette proportion s'élevait à moins de 10 % il y a 15 ans.

Ce qui peut paraître inquiétant, c'est l'essor des marges hypothécaires et la hausse importante des montants empruntés pour plusieurs ménages. « Environ 20 % des ménages ont désormais des emprunts de plus de 150 000 $ comparativement à 3 % il y a 15 ans. Les dettes sont supérieures à 200 000 $ dans 12 % des cas et se situent entre 150 000 $ et 200 000 $ pour 8 % des ménages. »

Alors, est-ce exagéré? Desjardins affirme que la zone d'inconfort financière de Statistique Canada commence à 80 %. Autrement, si votre dette est en bas de 80 % de votre actif, vous n'êtes pas en zone d'inconfort financier. Ainsi, « la très grande majorité des ménages québécois, soit environ 84 %, se situent dans la zone de sécurité financière, ce qui est plutôt rassurant, affirme Desjardins. La part des ménages se situant dans la zone d'inconfort est toutefois considérable, soit 12 %, et mérite une attention particulière ». C'est 4 % des ménages qui sont à plus de 200 %, c'est-à-dire dans une situation où les dettes sont deux fois plus importantes que les actifs. C'est beaucoup moins que par le passé.

Ça fait dire à Desjardins que « la situation financière de l'ensemble des ménages endettés ne semble pas plus à risque qu'au début des années 2000, puisque le ratio dette-actif est demeuré pratiquement le même ». Mais, attention, une dette, c'est une dette! Vous devez la rembourser. Et si votre situation change, ça pourrait vous coûter cher.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine