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Euro 2016 : carton rouge pour 20 partisans russes

Moins d'une semaine après le début de l'Euro 2016, les forces de l'ordre françaises ont déjà arrêté 323 personnes pour des violences, des vols ou du vandalisme dans le cadre du tournoi de soccer, selon le ministère français de l'Intérieur.

« Parmi elles, 196 ont été placées en garde à vue, 8 ont déjà été condamnées à des peines de prison ferme et 3 avec sursis », précise le ministère dans un communiqué. Des arrêtés de reconduite à la frontière ont également été émis pour 24 autres personnes.

Les débuts du tournoi de soccer ont été marqués par des violences entre hooligans, notamment un violent affrontement entre hooligans anglais et russes samedi soir à Marseille.

Âgés de 25 à 40 ans, 20 des 43 partisans russes arrêtés à Marseille, en marge du match Russie-Angleterre, seront expulsés lundi prochain pour « trouble de l'ordre public ». Ils ont été placés, entre temps, dans un centre de rétention administrative de Marseille.

Trois ultras jugés à Marseille

Trois autres de ces 43 Russes arrêtés en même temps , jugés aujourd'hui, ont écopé de 12, 18 et 24 mois de prison ferme.

L'un de ces trois partisans jugés ce matin, Aleksei Erunov, âgé de 29 ans, a reconnu qu'il était présent sur des vidéos où l'on voit un groupe de Russes frapper des Anglais à coups de chaise ou de barre de fer. « Je m'excuse. Je reconnais que j'y étais, mais je n'ai frappé personne, a-t-il déclaré à la Cour. « J'ai les mains propres », a-t-il poursuivi.

La vidéo présentée en Cour, filmée par une caméra fixée sur les vêtements de l'un d'entre eux, a été déposée sur YouTube par les ultras russes eux-mêmes. « C'est une chasse. Ils partent au pas de course, restant en groupe et conservant assez d'énergie pour ce qu'ils appellent le « fight » », a décrit le procureur adjoint André Ribes

M. Ribes réclamait 30 mois de prison ferme et deux ans d'interdiction du territoire français contre Erunov. « Dès qu'il y a un Anglais isolé, ils le frappent », a-t-il ajouté, devant les images sur lesquelles on voit des partisans lancer des chaises depuis le haut d'un escalier ou ramasser des barres de fer pendant que des blessés gisent par terre.

Le procureur avait requis la même peine contre Sergueï Gorbatchev, 33 ans, alors qu'il avait réclamé un an de prison ferme et deux ans d'interdiction du territoire contre le troisième, Nikolay Morozov, 28 ans.

Les 20 supporteurs restant, sur les 43 arrêtés, ont été libérés sans accusation.

Les violences de Marseille ont fait 35 blessés, majoritairement britanniques, dont un Britannique qui se trouve toujours dans un état critique, bien que stable.

La justice française a déjà condamné six Britanniques, trois Français et un Autrichien, lundi, à des peines allant jusqu'à un an de prison ferme.

Incident diplomatique

Le président de l'Association des supporteurs russes, M. Chpryguine, est également un proche du parti d'extrême droite LDPR et collaborateur du député Igor Lebedev. Il a même déjà été vu en compagnie du président Vladimir Poutine.

Les arrestations ont provoqué des tensions diplomatiques entre la France et la Russie. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé « un incident absolument inadmissible » devant la Douma, la chambre basse du Parlement russe.

Son homologue français, Jean-Marc Ayrault, a quant à lui assuré mercredi que « la justice française [les] traite de la même façon » » que les partisans des autres nations.
Moscou a également convoqué l'ambassadeur français, Jean-Maurice Ripert, pour protester contre les arrestations de partisans russes.

Un responsable de la police a souligné que l'introduction d'armes blanches dans les stades de soccer était inquiétante à quelques heures d'un affrontement considéré comme à risque, entre l'Allemagne et la Pologne.

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