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Évêque recherché au Canada : des probabilités de poursuites bien minces

Un évêque catholique visé par un mandat d'arrêt pancanadien risque peu d'être traduit devant les tribunaux, estime un expert.

Carlo Capella fait face à des accusations d’accession, de possession et de distribution de pornographie juvénile. Les faits remonteraient au mois de décembre de l'année dernière à Windsor, dans le sud-ouest de l'Ontario.

Jusqu’à récemment, il était représentant du Vatican aux États-Unis, mais il vient d’être rappelé par le Saint-Siège alors qu’il était soupçonné par les autorités américaines de crimes relatifs à de la pornographie juvénile. La police ne confirme toutefois pas qu'il s'agit du même dossier.

Selon un communiqué du Vatican, une enquête a été ouverte à ce sujet par le promoteur de justice du tribunal du Saint-Siège.

Une extradition presque impossible

Pour l’avocat Robert Talach qui a représenté plusieurs victimes d’agression sexuelle par des membres du clergé, la gestion de ce dossier par le Vatican est tout à fait habituelle.

Selon lui, il est extrêmement rare que le Vatican extrade des prêtres mêlés à ce genre d’affaires.

« Dans ces cas, un membre de la Curie romaine estime que les dommages publics sont tels que cela ne vaut pas la peine de protéger cette personne », précise-t-il.

Le fait que Carlo Capella soit diplomate et bénéficie d’une immunité complexifie le dossier.

À la connaissance de Robert Talach, seul l’ancien évêque de Pembroke, Mgr Bernard Prince, dont l’histoire avait provoqué un véritable tollé au sein de l’Église du Canada dans les années 2000, avait été remis à la justice canadienne après avoir passé plusieurs années caché à Rome.

Un test pour le pape François

S'il a peu d'espoir sur l'issue de l'affaire, Me Talach estime toutefois que ce cas pourrait être un bon moyen de confronter les paroles du pape sur les agressions commises par des membres du clergé à la réalité.

« C'est un grand test : c'est le moment de passer de la parole aux actes. Si le pape François n'est rien de plus qu'un exercice de relations publiques, ceci va le prouver », indique-t-il.

Il affirme par ailleurs que le diocèse de London devrait aussi réclamer le retour de Carlos Capella pour qu'il prenne ses responsabilités.

De son côté, la police de Windsor, chargée de l’enquête, affirme qu’elle n'a nullement l'intention de baisser les bras et qu'elle travaille avec les autorités de tous les pays concernés.

« S'il met un pied au Canada, il sera arrêté », souligne le porte-parole, Steve Betteridge.

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