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Exécutions controversées en Arkansas, faute de médication adéquate

Aux États-Unis, dans l'État d'Arkansas, sept hommes seront exécutés au cours des prochains jours. Ces mises à mort soulèvent toute une controverse puisqu'un des médicaments utilisés n'est pas fiable.

Chaise électrique, chambre à gaz, pendaison, peloton d'exécution, injections létales, le débat sur la peine de mort aux États-Unis ne veut pas mourir.

Sept hommes seront mis à mort en 11 jours, en Arkansas, à compter de la semaine prochaine.

Du jamais vu dans les prisons américaines. La raison de ce sprint d'exécutions : le 30 avril, l'Arkansas sera à court de midazolam.

Le midazolam est le premier de trois médicaments administrés lors de la mise à mort de prisonniers par injections létales. « Ce calendrier d'exécution est inhumain. L'Arkansas veut tuer le plus de condamnés à mort avant que le midazolam n'expire », affirme Robert Dunham du Centre d'information sur la peine de mort.

Le midazolam doit, en principe, rendre inconscient le condamné et l'empêcher de souffrir comme s'il était sous anesthésie.

Mais cette drogue n'est en fait qu'un sédatif qui s'est parfois montré inefficace.

« La situation est troublante », affirme la professeure de droit Phyllis Goldfarb.

Au moins trois exécutions en Alabama, en Arizona, et en Oklahoma, ont mal tourné entre 2014 et 2016.

« Ils ne sont pas obligés de se dépêcher. Rien dans la loi ne les force à se précipiter », affirme Robert Dunham.

Il y a, en ce moment, aux États-Unis, une pénurie de médicaments, comme le midazolam, utilisés pour tuer les détenus.

Les entreprises pharmaceutiques en Amérique et en Europe refusent d'approvisionner le système carcéral américain puisqu'ils ne veulent plus voir leur nom associé à la peine de mort.

Est-ce la fin des exécutions par injection létale?

« J'ignore si c'est la fin des exécutions par injection létale, mais la controverse démontre que cette méthode est sous haute surveillance », ajoute Robert Dunham.

Pourtant, depuis une dizaine d'années, l'injection létale est devenue la façon la plus utilisée, la plus acceptable et la plus humaine d'exécuter les condamnés à mort », selon William Otis, ex-procureur fédéral.

« La plupart des États exécutent par injection létale parce que les gens plus à gauche ont voulu supprimer les autres méthodes d'exécution », dit-il.

La controverse autour du midazolam a relancé l'éternel débat sur la peine de mort aux États-Unis.

En 2015, quatre condamnés ont perdu leur cause devant la Cour suprême.

Ils prétendaient que le midazolam contrevenait au 8e amendement de la Constitution qui interdit les châtiments cruels.

« Comme pays, nous avons démontré que nous sommes incapables d'administrer la peine de mort de façon juste », affirme Phyllis Goldfarb.

La peine de mort est en perte de vitesse aux États-Unis

Les exécutions sont passées de 98 à la fin des années 90 à 20 en 2016.

Mais, une majorité d'Américains sont toujours en faveur de la peine capitale.

« Je crois que la peine de mort est la seule façon de sanctionner les crimes les plus odieux », affirme William Otis.

Au contraire, pour d'autres, la peine de mort en est à son dernier souffle.

« C'est la dernière chance. Si nous sommes incapables de nous procurer ces drogues, il faut conclure que notre système d'exécution ne fonctionne pas », ajoute Phyllis Goldfarb.

Et la réalité démontre qu'avec ces sept exécutions à venir en Arkansas, le châtiment ultime, aux États-Unis, est encore bien en vie.

Christian Latreille est correspondant à Washington

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