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Exécutions dans le monde : le nombre le plus élevé en 25 ans

L'année 2015 a connu une forte augmentation du nombre d'exécutions dans le monde. Au moins 1634 personnes ont été pendues, décapitées, tuées par injection létale ou fusillées par l'État, selon les données publiées par Amnistie internationale (AI) dans son rapport mondial sur la peine de mort. Cependant, les pays abolitionnistes sont maintenant majoritaires dans le monde.

Un texte de Ximena Sampson

Le nombre d'exécutions a augmenté de 54 % par rapport à 2014, lorsqu'AI en avait recensé 1061. C'est également le chiffre le plus élevé depuis 25 ans.

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L'Iran, le Pakistan et l'Arabie saoudite en tête

À eux seuls, l'Iran, le Pakistan et l'Arabie saoudite sont responsables de 89 % des exécutions recensées en 2015.

Le Pakistan entre cette année dans le trio de tête des pays ayant exécuté le plus de condamnés. Depuis 2008, on n'y exécutait plus les civils, mais, en décembre 2014, à la suite de l'attaque contre une école de Peshawar qui a coûté la vie à 153 personnes, le moratoire a été levé. En 2015, 326 prisonniers ont été exécutés.

En Iran, 977 personnes ont été exécutées, dont la plupart étaient coupables de crimes liés au trafic de stupéfiants. Ce pays est aussi montré du doigt parce qu'il exécute des mineurs, ce qui constitue une violation du droit international.

En Arabie saoudite, il y a également eu une hausse importante du nombre de personnes exécutées par rapport à l'année dernière. Près de la moitié des personnes exécutées étaient des étrangers, dont la majorité étaient des travailleurs migrants.

Des condamnations pour des crimes non violents

Le droit international restreint l'usage de la peine de mort aux infractions relevant des « crimes les plus graves », soit ceux qui impliquent un homicide volontaire.

Or dans ces trois pays, comme dans plusieurs autres où la peine capitale est en vigueur, les condamnés le sont souvent pour des crimes non violents, tels que le trafic de stupéfiants, l'espionnage, la corruption, l'adultère ou le blasphème.

De plus, dénonce Anne Ste-Marie, responsable des communications à Amnistie internationale, « le processus judiciaire ne répond absolument pas aux normes internationales ».

Dans la plupart des pays qui pratiquent encore la peine capitale, les autorités judiciaires acceptent les aveux arrachés sous la torture. Les détenus sont aussi souvent privés du droit de consulter un avocat et d'interjeter appel.

Pour AI, la peine de mort est « non seulement inefficace, mais partout où elle est appliquée elle est aussi discriminatoire », indique Anne Ste-Marie. « Elle souligne les faiblesses des systèmes de justice et les problèmes profonds de discrimination de ces pays. »

Dans plusieurs pays, dont l'Indonésie, le Japon et le Pakistan, des personnes souffrant d'un handicap ou d'une maladie mentale sont condamnées à mort.

La situation aux États-Unis

En 2015, 28 condamnés ont été exécutés aux États-Unis, soit le chiffre le plus faible depuis 25 ans :

  • Texas (13)
  • Missouri (6)
  • Géorgie (5)
  • Floride (2)
  • Oklahoma (1)
  • Virginie (1)

La peine de mort est encore en vigueur dans 32 États, mais 6 d'entre eux n'ont pratiqué aucune mise à mort depuis 10 ans. La Pennsylvanie s'est jointe cette année à l'Oregon et à Washington en établissant un moratoire sur les exécutions. Pour leur part, les autorités fédérales n'ont procédé à aucune exécution depuis 2003.

De l'espoir pour les abolitionnistes

Pour l'organisation de défense des droits de l'homme, il y a quand même des raisons de se réjouir.

En 2015, la République démocratique du Congo, Fidji, Madagascar et le Suriname ont aboli la peine de mort, portant ainsi à 102 le nombre de pays abolitionnistes, soit la majorité des États sur la planète.

« Il y a vraiment une tendance lourde : de moins en moins de pays ont recours à la peine de mort », se félicite Anne Ste-Marie.

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