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Face à l'adversité, le Bloc québécois veut renouveler son programme politique

Tout juste après qu'un document de travail eut suggéré de jeter à bas les structures du parti et de déclencher une nouvelle course à la chefferie, la direction du Bloc québécois a dévoilé vendredi son nouveau projet de proposition principale, un programme politique visant à promouvoir l'indépendance du Québec et à préparer les suites d'un éventuel référendum gagnant.

Un texte de Hugo Prévost

De la refondation à la refondation intellectuelle; c'est entourée de quelques fidèles, dont le député Xavier Barsalou-Duval, que la chef du Bloc Martine Ouellet a dévoilé vendredi les grandes lignes de cette nouvelle proposition principale pour les années 2018 et 2019, intitulée Pour faire du Québec une république.

« Je pense que l'orientation adoptée par les membres du Bureau national [du Bloc] est assez claire », a ainsi déclaré Mme Ouellet lors du point de presse donné en fin d'avant-midi.

Le document, long d'une soixantaine de pages, se divise en neuf chapitres. Le premier porte sur la démarche d'accession à l'indépendance, tandis que les autres décrivent des projets qu'un Québec souverain pourrait accomplir.

« C'est le fruit du travail, entamé il y a près d'un an, par un comité [...] pour donner une vision de la façon dont nous allons rapatrier les pouvoirs fédéraux à l'intérieur de la future République du Québec », a poursuivi Mme Ouellet.

Selon Gilbert Paquette, ancien ministre de la Science et de la Technologie sous René Lévesque, au début des années 1980, et ex-président des Organisations unies pour l'indépendance du Québec, le document confirme la démarche de promotion de l'indépendance du Québec « sur chaque tribune, à chaque occasion ».

En vertu de cette nouvelle proposition, le parti indépendantiste ferait ainsi la promotion de la souveraineté aux Communes, où siègent ses députés, mais également au Québec. Le Bloc profiterait également de sa présence à Ottawa pour « commencer à préparer la reconnaissance internationale du Québec ».

Le document réitère également certains objectifs déjà défendus par le Bloc : un Québec indépendant serait laïc, la langue officielle y serait le français, on y ferait respecter l'égalité entre les hommes et les femmes, tout comme on y protégerait les institutions en langue minoritaire.

Plus spécifiquement, M. Paquette a fait savoir que le Bloc s'engagerait, d'ici une éventuelle indépendance, à « tout faire » pour bloquer les projets pétroliers passant par le territoire québécois, qu'il s'agisse d'oléoducs, ou encore de transport de pétrole par train ou par bateau.

« Nous espérons que ce projet, qui fera l'objet de discussions au sein de toutes les instances du Bloc, ressoudera le parti dans une refondation intellectuelle du Bloc », a-t-il ajouté.

Leadership en péril

En employant cette expression, M. Paquette faisait bien sûr référence au projet, lancé par la présidente du Forum jeunesse du Bloc québécois Camille Goyette-Gingras, visant à « refonder » un parti indépendantiste présent à Ottawa en remaniant profondément les structures du Bloc, mais surtout en lançant une nouvelle course à la chefferie.

Cette idée, qui aurait obtenu l'appui de plusieurs membres de l'aile jeunesse du parti, mais aussi de la vice-présidente du Bloc, Kédina Fleury-Samson, a fuité dans les médias plus tôt cette semaine.

Par ailleurs, si Mme Ouellet a affirmé que son projet de nouvelle proposition principale avait suscité l'enthousiasme du Bureau national du parti, nulle trace de Mme Fleury-Samson, vendredi, lors du point de presse.

« Il est déjà rare d'avoir autant de gens présents lors du dévoilement d'une proposition principale », a soutenu la chef, entourée de cinq personnes. « Ceux qui étaient disponibles sont présents. »

Martine Ouellet a d'ailleurs lancé quelques piques aux médias, reprochant aux journalistes de « toujours amplifier les mauvaises nouvelles » et de passer sous silence les nouvelles positives, comme l'appui offert cette semaine par l'ex-premier ministre péquiste Bernard Landry.

Mme Ouellet entend également transmettre sa nouvelle proposition aux députés démissionnaires, qui forment maintenant le Groupe parlementaire québécois à Ottawa, ceux-ci étant toujours officiellement membres du Bloc.

« La porte restera toujours ouverte », a-t-elle par ailleurs rappelé.

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