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Faut-il craindre le protectionnisme américain?

Rassemblement après rassemblement, débat après débat, les prétendants à la présidence américaine ont multiplié les attaques contre le libre-échange. Une montée des propos protectionnistes qui en inquiète plusieurs dans les milieux économiques canadiens.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Pour Donald Trump, l'ALENA, l'accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique, a été une cible de choix.

Son opposante démocrate s'est davantage attaquée au Partenariat transpacifique, grand projet d'entente commerciale à laquelle le Canada et les États-Unis doivent participer. Hillary Clinton jure qu'elle ne signera pas le traité si elle devient présidente.

La force des propos protectionnistes pendant cette longue campagne a soulevé certaines inquiétudes dans les milieux économiques canadiens. Pour bien des entrepreneurs au pays, commercer avec le voisin américain est essentiel.

Il y a, par exemple, les producteurs canadiens de bois d'oeuvre. Ils attendent toujours qu'une nouvelle entente soit conclue avec les États-Unis. Cette entente n'est toujours pas à l'horizon.

Et pourtant, les relations canado-américaines semblent excellentes sous les gouvernes de Barack Obama et de Justin Trudeau. Peu importe le gagnant mardi, l'espoir des producteurs de bois d'oeuvre est mince.

Un phénomène loin d'être nouveau

Depuis que les États-Unis existent, le protectionnisme est au coeur des priorités politiques et économiques.

L'une des premières lois à avoir été adoptées, le Tariff Act, qui a été signé par le président George Washington, visait justement à taxer des produits étrangers pour protéger des entreprises américaines.

Depuis, les membres du Congrès et les présidents se sont succédé. Ponctuellement, des lois protégeant certaines industries des États-Unis ont été adoptées. Des politiques qui ont parfois eu une incidence sur des entreprises canadiennes.

C'est le cas pour l'entreprise Solacom Technologies. Installée à Gatineau, la compagnie vend des systèmes qui gèrent les appels 911. Plus de 90 % des ventes sont effectuées aux États-Unis.

S'il reconnaît que le ton a été dur pendant cette campagne, Pierre Plangger est convaincu que les relations commerciales ne s'effondreront pas, puisque beaucoup d'entrepreneurs américains tiennent à ce lien avec le Canada.

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Convaincre le président, mais aussi le Congrès

L'avenir du lien commercial canado-américain ne repose pas uniquement sur la personne qui logera à la Maison-Blanche.

La Chambre des représentants et une partie du Sénat doivent également être renouvelées mardi. Leurs membres ont leur mot à dire sur les lois et le budget fédéral américain.

Nouveau président, nouveau Congrès : les diplomates canadiens auront du pain sur la planche au cours des prochains mois pour s'assurer que le discours protectionniste ne se concrétise pas en mesures qui pourraient avoir des conséquences sur le commerce canadien.

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