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Faut-il s'inquiéter de la montée de l'extrême droite au Québec?

Le mouvement d'extrême droite gagne le Québec et des groupes se mobilisent devant l'arrivée de demandeurs d'asile. Des affiches anti-immigration avec le mot-clic #remigration ont fait leur apparition à Québec. Des militants antiracistes se rassembleront mercredi à 16 h devant le consulat des États-Unis à Québec pour dénoncer cette montée. Faut-il aussi s'en alarmer?

Dans les années 1990, on pouvait parler d’un phénomène marginal, même s’il y avait beaucoup de groupuscules haineux, mais là, ce qu’on voit est « une espèce d’attraction » pour ce discours et ces groupes, notamment en région, souligne Maryse Potvin, professeure et sociologue spécialiste du racisme et de l’extrême droite à l’UQAM.

Ce qui inquiète Mme Potvin est ce « rassemblement des forces d’extrême droite ». Elle estime que le phénomène est favorisé par les réseaux sociaux, « où il est facile de former des communautés virtuelles ».

Mme Potvin situe le problème dans la volonté de ces groupes de se rassembler autour d’un discours politique qui peut donner lieu à une plateforme, comme un parti organisé.

Une importance à relativiser

Le directeur du Centre d’expertise et de formation sur les intégrismes religieux et la radicalisation au collège Édouard-Montpetit, Martin Geoffroy, nuance l’importance de ces groupes de l’extrême droite au Québec.

M. Geoffroy explique que le nombre de sympathisants est incontestablement en hausse. Il cite l’exemple de la Meute, un groupe à la cherche d'une légitimité sociale et politique, qui compte 1000 abonnés de plus sur sa page Facebook depuis le mois de mars.

« Ce sont des gens qui ne sont pas satisfaits de la société actuelle, mais qui ne cherchent pas nécessairement à renverser le système », dit-il. Par contre, le groupe Atalante, qui est derrière les banderoles affichant le néologisme remigration apparues dans la Capitale nationale, demeure marginal.

Le chroniqueur et historien Jean-François Nadeau rappelle que la nébuleuse d’extrême droite existe depuis toujours au Canada.

« Plus on marginalise ces groupes-là, plus ils se radicalisent », fait remarquer la sociologue Maryse Potvin. Selon elle, il faut trouver les moyens de les désamorcer, « en tenant compte des peurs et du sentiment de victimisation qu’on trouve notamment chez les gens en région, qui se sentent, pour certains, laissés pour compte ».

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