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Faut-il s'inquiéter du niveau de français des futurs enseignants?

Près de la moitié des étudiants au baccalauréat en enseignement échouent le Test de certification en français écrit pour l'enseignement (TECFEE) lors de leur première tentative, révélait lundi La Presse. Pourtant, un expert estime que ce résultat n'est pas aussi inquiétant qu'il ne le semble.

En 2016, seulement 53 % des étudiants québécois ont réussi cet examen de français obligatoire pour l'obtention de leur brevet d'enseignement dès la première tentative.

S'il reconnaît que c'est là un taux de réussite assez faible, le doyen de la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke, Serge Striganuk, ne s'en inquiète pas pour autant.

« Cette exigence-là du test de français doit être complétée avant le troisième stage qui arrive à la troisième année », a-t-il souligné en entrevue à Midi Info.

Il rappelle également que le seuil minimum pour réussir le test est de 70 %, et non de 60 % comme c'est le cas pour la plupart des examens ordinaires.

Sachant que le nombre de tentatives autorisées pour réussir le TECFEE est illimité, le doyen estime que certains étudiants « surestiment un peu leur capacité en français » lors de leur premier essai, et ajustent le tir en cas d'échec.

Le taux de réussite passe effectivement à 63 % après deux tentatives, et à 98 % après quatre tentatives, toujours selon les chiffres de 2016.

Pour M. Striganuk, c'est la preuve que « le programme de formation, sur les quatre années, atteint sa cible pour développer la compétence langagière chez les futurs enseignants ».

Éviter les réussites dues au hasard

M. Striganuk voit aussi dans ces chiffres une indication que quatre passations devraient être amplement suffisantes pour réussir le test.

Depuis 2015, l'Association des doyens, doyennes et directeurs, directrices pour l'étude et la recherche en éducation au Québec (ADEREQ), dont M. Striganuk est le président, recommande de limiter à quatre le nombre de tentatives autorisées du TECFEE.

Cette mesure permettrait d'éviter que certains étudiants n'essaient de le réussir « à l'usure », plutôt qu'en y mettant réellement les efforts nécessaires.

Rappelons qu'en 2009, année de la mise en place du TECFEE, le nombre de passations autorisées était déjà limité à quatre. Les étudiants qui n'arrivaient pas à passer le test après quatre tentatives étaient expulsés du programme d'enseignement. Les règles ont toutefois été assouplies une première fois en 2010, puis à nouveau en 2011, afin d'éviter une pénurie d'enseignants.

Un test à la hauteur des responsabilités

Le TECFEE est connu comme étant un examen particulièrement difficile. Trop, même, selon certains.

M. Striganuk concède que le test est effectivement difficile, mais il précise qu'il n'y a « aucun piège dans le test portant sur le code linguistique en termes de règles d’exception ».

Si l'épreuve est ardue, c'est simplement parce que les responsabilités des enseignants requièrent une connaissance rigoureuse de la langue française, dit-il.

« Le rôle des enseignants, c’est un rôle de détection des erreurs et de correction, et ça se fait en temps réel dans la classe. Donc on veut s’assurer que le personnel enseignant a tout ce qu’il faut pour ne pas faire de fautes pendant ses activités professionnelles », explique M. Striganuk.

Il souligne également que dès l'entrée au baccalauréat en enseignement, un premier test établit le niveau de français des étudiants. De la formation est dès lors offerte à ceux et celles qui souhaitent améliorer leurs compétences en vue du TECFEE.

De plus, dans certaines universités, si un étudiant échoue sa première passation du TECFEE, il doit obligatoirement suivre une formation avant de pouvoir passer l'examen une deuxième fois.

« L'idée c'est de dire que ça s'acquiert ces compétences-là. C’est dans une perspective de formation qu’on accueille les étudiants », explique M. Striganuk.

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