La femme autochtone qui n'avait pas été admise au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) en février 2016 est décédée deux mois plus tard dans des conditions lamentables, indique un rapport du coroner. Le CUSM tente maintenant de savoir pourquoi son personnel n'a pas respecté la politique consistant à soigner tout le monde.

Kimberly Gloade, âgée de 44 ans, aurait quitté l'hôpital après s'être fait dire que, comme elle avait perdu sa carte d'assurance maladie, voir un médecin allait lui coûter plus de 1000 $. Elle est décédée à la maison deux mois plus tard d'une cirrhose.

Sa famille veut maintenant savoir pourquoi personne à l’hôpital ne lui a expliqué que son incapacité de payer ne l’empêchait pas de recevoir des soins.

« Nous aurions compris et nous ne nous serions pas sentis comme nous nous sentons aujourd'hui si l'hôpital et son infirmière à l'accueil avaient tenté de l'aider », a déclaré son oncle Jason Barnaby, depuis la Première Nation de Burnt Church, au Nouveau-Brunswick, d'où elle venait.

« Si elle était décédée [après avoir été soignée], nous aurions compris et nous les aurions remerciés », a-t-il ajouté.

Un rapport du coroner sur la mort de Mme Gloade indique que, bien que sa cirrhose ait été trop avancée pour empêcher sa mort, elle est décédée sans voir un médecin qui aurait pu lui expliquer ce qu’elle avait.

Une politique de compassion qui n'aurait pas été respectée

Le CUSM a ouvert une enquête sur le traitement de Kimberly Gloade. Sa politique est de traiter tous les patients, qu'ils aient ou non une carte d'assurance maladie et qu'ils puissent ou non payer les frais d'hospitalisation.

Selon la Dre Ewa Sidorowicz, responsable des services professionnels au CUSM, l'enquête permettra d'établir si on a effectivement refusé de la soigner ou si on lui a clairement expliqué qu'on la soignerait sans se préoccuper de sa capacité de payer.

Le budget du CUSM absorbe chaque année des millions de dollars de frais médicaux impayés. « Ça n'a rien d'inhabituel, a noté la Dre Sidorowicz. Alors il est évident que quelque chose n'a pas marché dans ce cas-ci. »

La famille de Mme Gloade croit que le racisme a peut-être joué un rôle dans la façon dont elle a été traitée au CUSM.

La Dre Sidorowicz a déclaré que le CUSM est fier des relations qu'il entretient avec les peuples autochtones, ajoutant qu'il a développé des programmes adaptés aux patients qui en sont issus.

L'enquête de l'hôpital déterminera si ces politiques ont été appliquées dans le cas de Mme Gloade.

Au début du mois de février, Kimberly Gloade avait écrit à sa mère pour solliciter son aide, mais n'avait jamais posté la lettre. Elle s'était fait voler son sac à main, racontait-elle dans la missive trouvée plus tard dans son appartement.

« Maman, c'est moi Kim! Désolée de ne pas t'avoir appelée depuis un moment, mais j'ai eu des problèmes avec ma santé, avait-elle écrit. Pour être honnête, je peux à peine marcher. Je ne peux plus le cacher. Je suis très malade. »

Elle avait ajouté qu'une fois à l’hôpital avec son ami, on lui avait dit que « cela coûterait 1400 $ pour voir un médecin. Imagine! »

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