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Fermeture de Chalk River : pas de pénurie d'isotopes à prévoir, selon un spécialiste

Le réacteur nucléaire de Chalk River, en Ontario, fermera ses portes dans cinq semaines. Malgré tout, l'Association canadienne de médecine nucléaire ne craint pas une nouvelle pénurie d'isotopes médicaux, comme celle survenue en 2009 et 2010.

Chalk River produit environ 20 % des isotopes médicaux dans le monde, qui sont utilisés en imagerie médicale pour détecter des cancers.

En 2009, la fermeture du réacteur ontarien pendant plusieurs mois pour des réparations avait forcé des hôpitaux à reporter des examens et des opérations, en raison du manque d'isotopes.

Ce ne sera pas le cas cette fois-ci, selon François Lamoureux, vice-président de l'Association canadienne de médecine nucléaire, qui représente aussi les spécialistes québécois travaillant en médecine nucléaire.

« Les gens n'ont pas à paniquer, n'ont pas à s'inquiéter pour le moment, parce que c'est une fermeture planifiée, prévue depuis plusieurs années. Les compagnies fournisseuses ont modifié leur approvisionnement, c'est-à-dire qu'elles l'ont varié. Et les réacteurs, actuellement, ont augmenté leur production », dit-il.

Les principaux réacteurs ailleurs dans le monde sont situés en Afrique du Sud, en Australie et en Europe. L'importation risque toutefois de faire grimper les prix. Il pourrait en coûter deux ou trois fois plus cher aux hôpitaux, selon François Lamoureux.

L'Association canadienne de médecine nucléaire voudrait discuter avec le gouvernement fédéral pour voir comment dédommager les provinces, au prorata du nombre d'examens.

Entre-temps, il existe des solutions pour diminuer les coûts :

  1. Utiliser des appareils plus performants, qui permettent de réduire les doses administrées lors des examens;
  2. Faire davantage appel aux technologues pour préparer les doses, au lieu de les faire préparer à l'extérieur par des pharmacies spécialisées;
  3. Utiliser des cyclotrons - une solution de plus en plus préconisée - pour fournir des isotopes, au lieu des réacteurs nucléaires. De tels appareils existent à Sherbrooke et à Vancouver. Il s'agit cependant d'une option de rechange qui ne s'applique pas à tout, mais qui demeure très utile pour certains types de cancers, comme le cancer du poumon.

Chaque année, quelque 4 millions d'examens de médecine nucléaire sont effectués au Canada et 70 millions dans le monde.

D'après les informations de Myriam Fimbry

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