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Fête des Travailleurs : un salaire minimum de 15 $ l'heure revendiqué

Des marches sont organisées dans plusieurs villes du Québec à l'occasion de la fête des Travailleurs pour dénoncer les mesures d'austérité et militer pour une augmentation graduelle du salaire minimum à 15 $ par heure travaillée.

À Montréal, plusieurs centaines de personnes se sont déplacées malgré la pluie vers 13 h pour marcher jusqu'au parc Jeanne-Mance. Un rassemblement a aussi été organisé au parc Samuel-Holland, à Québec.

Alors que le salaire minimum au Québec a augmenté le 1er mai de 20 ¢ en passant à 10,75 $ l'heure, plusieurs organisations syndicales souhaitent une hausse plus marquée.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) vient d'ailleurs de lancer une campagne pour exiger une telle augmentation. « On connaît de plus en plus d'inégalités dans le monde, mais aussi au Québec et on pense qu'on doit donner un travail décent à l'ensemble de la population active au Québec », soutient le président de la FTQ, Daniel Boyer.

La Fédération ajoute sa voix à plusieurs groupes et personnalités dont l'homme d'affaires Alexandre Taillefer, le parti Québec solidaire, le Front de défense des non-syndiqués et le Collectif pour un Québec sans pauvreté, qui revendiquent cette hausse du salaire minimum.

La FTQ ne cache cependant pas qu'une augmentation marquée du salaire minimum peut avoir des impacts importants pour les entreprises et souhaite que la hausse se fasse de façon progressive. « On sait qu'on ne vise pas uniquement ceux qui sont au salaire minimum puisque ça va avoir un impact sur tous ceux dont le salaire gravite autour du salaire minimum. Il y a le quart de la population qui gagne 15,50 $ et moins au Québec. Donc, on souhaite aussi que ces salaires-là augmentent », dit Daniel Boyer.

Le président de la FTQ, qui a abordé la question du salaire minimum lors de sa rencontre avec le premier ministre Philippe Couillard vendredi, s'est dit confiant. « On a eu un accueil assez positif de la part du premier ministre qui semblait d'accord avec nous, que ça n'avait pas de bon sens et qu'il fallait l'augmenter », dit-il.

Une mesure qui ne fait pas l'unanimité

Certains économistes doutent cependant d'une telle mesure et croient qu'elle pourrait fragiliser les entreprises québécoises. L'économiste Pierre-Emmanuel Paradis croit qu'il ne faut pas comparer l'économie du Québec avec celle de villes américaines comme Seattle qui ont augmenté leur salaire minimum à 15 $ l'heure.

« Les entreprises qui sont dans les secteurs où les salaires sont les plus bas comme l'hébergement, la restauration et le commerce de détail sont aussi les entreprises qui ont la plus forte proportion d'entreprises en difficulté », soutient Pierre-Emmanuel Paradis qui affirme que le tiers des entreprises en hébergement et restauration sont déficitaires.

Le Conseil du patronat du Québec croit aussi qu'une hausse trop importante pourrait avoir des effets néfastes.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) croit également qu'une telle augmentation pourrait avoir des conséquences sur les coûts de main-d'oeuvre pour les petites entreprises. « Près de 75 % de nos entreprises [au Québec] comptent moins de 10 employés, donc si vous augmentez le salaire minimum de façon rapide, vous allez créer des déséquilibres importants et des pressions à la hausse sur l'ensemble des salaires », explique la vice-présidente de la fédération, Martine Hébert.

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