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Feux de forêt : 14 000 personnes sont évacuées en Colombie-Britannique

Les feux de forêt qui se consument en Colombie-Britannique ont forcé l'évacuation de 14 000 personnes, selon une mise à jour faite par les autorités provinciales lundi après-midi.

La province compte 218 feux, soit 29 de plus que la veille, et une douzaine sont considérés comme problématiques. Le feu dans le secteur d’Ashcroft s’étend sur 6150 hectares alors que celui dans le secteur de 100 Mile House couvre 5000 hectares. L’agent d’information du Service de lutte contre les incendies de forêt de la Colombie-Britannique Kevin Skrepnek précise qu’il s’agit d’estimations basées sur la quantité de fumée produite par les incendies.

Les feux de camp ont été interdits partout dans la province sauf dans le secteur d’Haïda Gwaii et dans des parties de l’île de Vancouver. De plus, 70 parcs sont fermés.

La province compte 1000 pompiers sur le terrain et s’attend à ce que 300 supplémentaires, provenant des Prairies et de l’Ontario, viennent prêter main-forte.

Ottawa fournira de l’aide

« Le gouvernement fédéral a reçu une demande d'aide formelle [dimanche] après-midi. Nous avons évidemment répondu oui très vite et très fort », a déclaré le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale en conférence de presse, plus tôt, à Regina.

La Colombie-Britannique a demandé un accès à la Réserve nationale stratégique d'urgence, qui permet d'approvisionner rapidement les autorités provinciales et territoriales en fournitures si leurs propres ressources ne suffisent pas en situation d’urgence ». Elle a notamment réquisitionné 3000 lits de camp et autant de couvertures, qui ont déjà été livrés, selon Ralph Goodale.

La province obtiendra de plus l'aide des Forces armées canadiennes, qui fourniront entre autres des hélicoptères et avions pour faciliter les évacuations et le transport des premiers répondants et de divers équipements. Une dizaine d'appareils sont déjà sur place. Des militaires et agents de la Gendarmerie royale du Canada seront également disponibles pour épauler les forces de l'ordre locales si le besoin se présente.

Dans ce genre de circonstances, c'est la province qui dirige les opérations, tandis que le fédéral l'assiste, a souligné le ministre. Ottawa devra notamment s'assurer de « savoir en tout temps qui se trouve à quel endroit, d'où ils viennent et où ils vont, dans le cadre des évacuations ».

M. Goodale a exhorté les citoyens de Colombie-Britannique à suivre les directives qu'ils reçoivent des autorités.

Williams Lake : le pire est à craindre

Les autorités ont par ailleurs les yeux tournés vers Williams Lake, la plus grande ville de la région de Cariboo, avec ses 10 500 habitants. Elle est attaquée par des incendies sur trois fronts, dont plusieurs à l’ouest qui se dirigent vers la localité.

« Ce sera difficile à maîtriser, il y a beaucoup d’incertitude », soutient le directeur du district régional de Cariboo, Al Richmond.

Des conditions propices à une saison extrême

De nombreux facteurs sont présents pour que la Colombie-Britannique connaisse une saison de feux de forêt extrême. La situation actuelle pourrait se répéter alors que les modèles météorologiques changent. « Ça pourrait être un été long, chaud et enfumé en Colombie-Britannique », lance le professeur à l’Université de l’Alberta spécialisé en incendies, Mike Flannigan.

La région a connu un printemps humide, associé à des températures chaudes en mars et en avril. Selon un écologiste également spécialisé dans les feux, Robert Gray, ces conditions ont contribué à faire pousser la végétation. Ensuite, les herbes longues et les arbrisseaux secs font de bons combustibles. « Maintenant, nous avons le genre de combustibles qui font beaucoup grossir les feux, et très rapidement », lance-t-il.

« Le problème, c’est que ça arrive à des endroits où il y a des gens. Mais d’un point de vue écologique, il ne faut pas se surprendre que des feux dans un écosystème comme celui-là arrivent », lance de son côté le professeur en écologie forestière à l'Institut de recherche sur les forêts à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Yves Bergeron.

La province attendait lundi du renfort de pompiers de l'Alberta, de la Saskatchewan et de l'Ontario, ce qui pourrait l’aider dans sa lutte contre le brasier si la situation devenait incontrôlable.

100 Mile House totalement évacuée

Samedi, les évacuations avaient été plutôt minimes et préventives, les feux brûlant à une relative distance des zones habitées. Les vents qui ont tourné ont cependant obligé l’évacuation de la totalité de la localité de 100 Mile House en soirée dimanche et ont forcé près de 2000 personnes à prendre la route vers Prince George, au nord, plutôt que de se diriger plus près, vers le sud, à Kamloops.

Les services d’urgence de Kamloops sont déjà débordés parce que des milliers de personnes évacuées s’y sont réfugiées depuis vendredi, journée où 173 incendies ont éclaté dans la région, ce qui a forcé la province à déclarer l’état d’urgence.

Le gouvernement de la province a d'ailleurs annoncé la création d'un fonds d'aide doté de 100 millions de dollars pour les sinistrés et leur communauté. Un montant de 600 $ ira notamment directement à chaque évacué pour répondre aux besoins immédiats.

Depuis le 1er avril, près de 600 feux de forêt ont éclaté en Colombie-Britannique. Presque la moitié d'entre eux ont pris naissance au cours de la fin de semaine, selon les chiffres des autorités.

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