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Feux de forêt : après les évacuations, le feu continue de grandir

Le feu Kenow qui a forcé l'évacuation du parc national des Lacs-Waterton, en Alberta, et des zones rurales à proximité s'étend à présent sur 33 000 hectares, ont fait savoir les autorités.

Depuis lundi soir, le feu Kenow s’est propagé à l'extérieur du parc national dans le comté de Cardston et dans le district municipal de Pincher Creek.

Environ 500 résidents des zones rurales autour du parc ont dû évacuer leur maison lundi soir en raison de la progression plus rapide que prévu du feu.

Les flammes ont atteint le village de Waterton, mais les autorités ont réussi à protéger la grande majorité des bâtiments au centre du village, selon Parcs Canada. Ces infrastructures, dont l’emblématique hôtel Prince of Wales, restent intactes, mais d’autres installations, comme le centre d’information, ont brûlé. Quelque 60 pompiers travaillent à protéger les structures.

« Toutes les mesures de préparation que nous avons mise en place sur les infrastructures dans le village semblent fonctionner », explique l’agente de communication de Parcs Canada, Natalie Faye. « Le village est là, les gicleurs sont en place et continuent de fonctionner. »

L’équipe de gestion du feu a aussi affirmé que des bâtiments à l’extérieur du parc avaient été la proie des flammes. Aucune précision n'a été faîte sur le nombre ou l’emplacement de ces installations.

L’ordre d’évacuation

Vers 22 h lundi, un ordre d’évacuation a été lancé par le district municipal de Pincher Creek pour des zones rurales près du parc, au sud de la route 505. L'ordre a été étendu mardi matin pour inclure le complexe touristique de Castle Mountain, à l'ouest de Pincher Creek.

Le comté de Cardston a déclaré l’état d’urgence vers 1 h du matin, affirmant que le feu avait quitté les limites du parc et pénétré sur le territoire du comté. Les résidents vivant entre le parc, la route 800, la frontière américaine et la route Township Road 40 étaient évacués.

Jared Pierson qui vit près de l’entrée du parc est allé voir ce qu’il se passait. Il raconte avoir entendu le craquement des flammes et senti l’intensité de la chaleur du feu.

Vers 4 h, une partie de la communauté autochtone des Blood a aussi commencé à être évacuée, tandis qu’un avis a été lancé pour une autre partie de la réserve.

« Nous avons évacué surtout en raison de la fumée », a expliqué Oscar Cotton, le chef des services d'urgence de la communauté autochtone des Blood. Selon lui, une cinquantaine de résidences rurales de sa réserve ont dû être évacuées et une centaine de personnes ont rejoint le centre d'accueil de Stand Off.

Un feu très actif

Selon Bernie Schmidt, du département des forêts de l’Alberta, le feu a changé de direction hier après-midi, progressant de 6 kilomètres vers le nord-est en l’espace de 2 heures. Les vents violents ont interrompu les activités des hélicoptères.

Un feu de broussaille, déclenché par des braises de l’incendie principal, s’est également déclaré en soirée aux portes du parc national des Lacs-Waterton.

Les avions-citernes accompagnés des hélicoptères réussissent pour l’instant à attaquer le flanc est du feu. Des changements prévus dans la direction des vents au cours de la journée inquiètent cependant les autorités.

L'aide s'organise

Des centres d’accueil sont ouverts à Pincher Creek et Cardston pour accueillir les évacués. La SPCA de Pincher Creek recherche des endroits pour garder les animaux domestiques ainsi que le bétail et les chevaux des personnes évacuées.

Chantal Laliberté, une résidente de Pincher Creek, accueille chez elle une employée de Parcs Canada et un ami de Twin Butte qui a dû quitter sa maison dans la nuit.

L’entreprise Shell Canada, qui possède une usine gazière au nord de Twin Butte, a fermé les puits et les installations les plus proches du feu, mais l’usine demeure ouverte.

Le personnel a été réduit aux seuls employés essentiels. Un plan d’évacuation est en place et des mesures de protection contre les incendies ont été établies.

Un système d’urgence défaillant?

La première ministre Rachel Notley a admis que le système d’alerte d’urgence de la province avait transmis les ordres d’évacuation avec du retard. Elle a promis que le système serait révisé et que la communication serait améliorée.

Plusieurs résidents au centre d’évacuation de Pincher Creek ont exprimé leur frustration d’avoir été réveillés en urgence et de ne pas obtenir de mise à jour.

Selon Phil Akitt, de Twin Bute, les autorités savaient que le feu se rapprochait de leur communauté lundi après-midi. Même si la situation n’était pas alarmante à ce moment-là, il aurait préféré savoir ce qui s’en venait.

« Je pense vraiment [que les autorités] auraient pu relayer ce message plus rapidement, » dit-il. « Cela n’aurait pas arrêté le feu, mais nous nous sentirions mieux aujourd’hui. »

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