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Fiat Chrysler n'exclut pas de cesser de produire au Mexique

Fiat Chrysler Automobiles n'exclut pas de cesser sa production au Mexique dans l'éventualité de droits de douane prohibitifs de l'administration Trump sur les importations aux États-Unis, a déclaré lundi l'administrateur délégué du constructeur italo-américain.

« C'est une possibilité, si les conditions économiques imposées par l'administration américaine sont telles qu'une production au Mexique n'a plus de sens économique », a déclaré Sergio Marchionne. « On devrait alors se retirer [du Mexique]. C'est tout à fait possible. »

Le patron de Fiat Chrysler, qui s'exprimait au Salon automobile de Détroit, avait auparavant indiqué que le groupe s'adapterait aux nouvelles règles pour l'industrie automobile sous l'administration Trump qui entrera en fonction le 20 janvier.

« Nous attendons les nouvelles règles et nous nous y adapterons », a-t-il dit aux journalistes.

L'ensemble de l'industrie automobile au Mexique pourrait être mise en péril, a-t-il ajouté.

La réalité est que l'industrie automobile mexicaine a été configurée en fonction du marché américain. Si le marché américain n'est plus là, son existence même peut être remise en cause.

Sergio Marchionne

Les menaces de Donald Trump envers les constructeurs automobiles étaient d'ailleurs sur toutes les lèvres à Détroit, et ce, davantage que les nouveaux modèles de voitures.

Selon le chroniqueur Mark Phelan du Detroit Free Press, cette incertitude constitue le pire scénario pour l'industrie automobile, dont l'habitude est de planifier ses prochains investissements dix ans d'avance.

En réponse aux journalistes, les dirigeants de Ford Motor Company et de General Motors Company se sont montrés rassurants.

« Ford entrevoit un climat plus propice aux États-Unis sous Donald Trump, mais nous sommes une multinationale avec des usines partout dans le monde », a rappelé Mark Fields, président-directeur général de Ford Motor Company.

Nous produisons nos véhicules dans les marchés où ils se vendent et nous sommes une multinationale.

Mary T. Barra, présidente-directrice générale de General Motors Company

La production canadienne dans la mire?

En ce qui a trait aux possibles effets de la ligne directrice de Trump sur le Canada, Sergio Marchionne a répondu à la blague qu'à sa connaissance, « il n'y a eu aucun tweet contre la production canadienne ».

Il a ajouté que les marchés américain et canadien sont intimement liés depuis très longtemps. Il s'attend à ce que le président désigné reconnaisse cet historique.

Cela dit, si jamais des taxes devaient être imposées sur les autos et les pièces canadiennes, ça ferait très mal, car les fourgonnettes de Windsor et les automobiles de Brampton vont en grande partie aux États-Unis. Ça serait mortel pour Windsor.

Sergio Marchionne, patron de Fiat Chrysler

Marry T. Barra a, quant à elle, soutenu que le climat est propice à l'investissement de 11 milliards de dollars annoncé par General Motors, mais qu'il est encore trop tôt pour spéculer sur les endroits où seront alloués les sommes futures pour le développement et la production.

Investissements aux États-Unis pour Fiat

Le Mexique assure plus du cinquième de la production automobile nord-américaine et son industrie automobile a attiré plus de 24 milliards de dollars américains d'investissements depuis 2010, selon le centre de recherche Center for Automotive Research, basé à Ann Arbor dans le Michigan.

Fiat Chrysler a annoncé dimanche qu'il allait investir un milliard de dollars pour moderniser deux usines situées dans le Midwest, dont l'une produira des utilitaires de modèle Ram actuellement fabriqués au Mexique.

« L'annonce de l'investissement aux États-Unis faisait déjà partie de nos projets », a affirmé lundi Sergio Marchionne, qui a dit ne pas avoir rencontré Donald Trump depuis son élection le 8 novembre.

Le futur président américain met de la pression sur les constructeurs pour qu'ils assemblent aux États-Unis les modèles qu'ils destinent au marché américain.

Dans ce contexte, Ford a annoncé la semaine dernière l'annulation d'un projet de construction d'une usine au Mexique et la décision d'investir dans un site dans le Michigan.

« Merci Ford et Fiat C[hrysler] », a tweeté lundi Donald Trump.

Lors du Salon de Détroit, Sergio Marchionne, qui est âgé de 64 ans et qui doit quitter son poste en 2019, a confirmé tous les objectifs de Fiat Chrysler pour 2018 et a dit espérer que les résultats 2018 seraient ses derniers à la tête du groupe.

Il ajouté qu'il y avait peu de moyens de résister si les géants de la technologie décidaient d'investir massivement dans l'industrie automobile et a dit ne pas exclure la possibilité d'une transaction majeure avant son départ.

L'édition 2017 du Salon de Détroit se montre plus discrète que d'autres salons sur les projets de véhicules électriques et est plus que jamais dominée par les carrosseries imposantes dont l'Amérique du Nord est friande.

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