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Financement politique : Couillard refuse « la culpabilité par association »

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, refuse que l'on associe le parti qu'il dirige à celui de Jean Charest, dont l'ancienne vice-première ministre Nathalie Normandeau fait face à sept chefs d'accusation criminels en lien avec du financement politique illégal.

Vendredi, M. Couillard n'a pas voulu blâmer son ancienne collègue, ni faire de la « culpabilité par association » pour les membres de son caucus qui ont siégé avec elle au Conseil des ministres sous Jean Charest.

Dans le cas précis de Mme Normandeau, le premier ministre refuse tout simplement de commenter. « Le processus va suivre son cours », a-t-il indiqué, à Montréal, en marge d'une annonce à saveur économique.

M. Couillard refuse de condamner sans détour les anciennes pratiques financières de son parti, notamment les pressions exercées, à l'époque de Jean Charest, sur les ministres, pour qu'ils amassent 100 000 $ par année pour les coffres du PLQ, comme il avait été dévoilé à la commission Charbonneau.

Un cas « très grave »

La députée de Québec solidaire, Françoise David, affirme pour sa part « que tout le monde sait »,  grâce à la commission Charbonneau, que le financement sectoriel s'est déroulé dans les années 1990-2000. « Ça s'est fait grandement au Parti libéral du Québec et dans une moindre mesure au Parti québécois et à l'Action démocratique du Québec », a-t-elle ajouté.

Mme David précise que le cas du parti libéral « est très grave » puisqu'ils ont été au pouvoir de 2003 à 2012.

En dépit de l'argumentaire de Mme David et des affirmations de l'ancien président et député du PLQ, Robert Benoît, qui continue de dénoncer la culture du financement politique instaurée par Jean Charest, M. Couillard continue de traiter le cas de Mme Normandeau comme un incident isolé.

« C'est un système qui a été mis au grand jour », insiste toutefois Mme David.

Selon M. Benoît, qui s'exprimait sur les ondes de Radio-Canada, cette culture du financement politique a pu conduire au dérapage qui a mené à l'arrestation de Mme Normandeau.

« Les gens qui sont en politique sont là pour le bien commun, pour rendre service à la société pendant une partie de leur carrière pour laquelle ils décident de se consacrer au service public », a insisté le premier ministre Couillard.

Une époque révolue

« J'ai déjà parlé du 100 000 $ à l'époque, mais outre ça, ce qui change la politique pour le mieux, c'est que le financement est maintenant populaire, 100 $ maximum » par citoyen, a rappelé le chef du PLQ.

M. Couillard soutient que la culture de financement politique qui existait sous Jean Charest a pris fin avec la loi adoptée sous le bref règne du Parti québécois de 2014.

« C'est le mode de financement même qui devait être réformé », a précisé M. Couillard. « Ça nous permet de passer beaucoup plus de temps avec nos militants pour parler d'idées et de projet pour le Québec. C'est à ça que ça sert un parti politique. »

De son côté, le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, s'est dit renversé par l'ampleur du scandale. Il a souligné que c'est une première historique qu'une ancienne vice-première ministre soit accusée de fraude, de complot et de corruption, notamment.

Quant au chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, il estime que M. Couillard doit « poser des gestes forts » en présentant des excuses aux Québécois à titre de chef du PLQ. Il somme également le premier ministre de placer de l'argent de son parti en fiducie afin de rembourser toute éventuelle somme d'argent amassée illégalement.

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