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Formule E : « Depuis quand est-ce qu’on refuse des défis à Montréal? » - Denis Coderre

Répondant aux critiques qui fusent ces derniers jours en raison des désagréments causés par l'installation du circuit urbain de formule E dans les rues de la ville, le maire de Montréal explique qu'il était impossible de faire la course au circuit Gilles-Villeneuve et qu'il s'agit d'une formidable vitrine pour Montréal.

Vertement critiqué dans les médias et sur les réseaux sociaux pour tous les problèmes de transport et de stationnement, et pour le bruit et les détours que cause l’installation du circuit de formule électrique dans les rues du Centre-Sud, Denis Coderre tenait à « remettre les pendules à l’heure » mardi matin avec les médias.

Selon lui, ces problèmes et la frustration des citoyens ont été nettement exagérés par les médias.

« Depuis le 22 février dernier, on a rencontré les résidents. Il n’y a rien d’improvisé là. On a rencontré les résidents, on a rencontré les commerçants. Richard Bergeron a fait un travail colossal à rencontrer des gens. Évidemment, c’est un premier événement », a ajouté le maire de Montréal.

Pourquoi ne pas avoir organisé la course au circuit Gilles-Villeneuve?

Selon de nombreux citoyens qui se sont plaints de l’organisation de cette course, c’était un non-sens d’installer ce circuit dans les rues alors que Montréal possède un circuit de formule 1 sur l’île Notre-Dame.

Denis Coderre a répondu que cette option avait bel et bien été envisagée, mais qu’elle posait des problèmes techniques et qu’elle aurait engendré des coûts de plusieurs dizaines de millions de dollars supplémentaires.

« Pourquoi est-ce qu’on fait une course urbaine? Parce qu’on ne peut pas la faire sur le circuit Gilles-Villeneuve parce que la configuration du circuit Gilles-Villeneuve ne s’y prête pas », a expliqué le maire.

Un manque de communication

Selon le stratège en communication et expert en marketing sportif, Jean Gosselin, le principal problème de l'événement réside dans le manque de communication qui a entouré son organisation.

« On a oublié de vendre l’événement, de l’expliquer. Non seulement c’est un nouvel événement à Montréal, [mais] c’est un nouvel événement dans le monde du sport. La formule E, il n’y a pas beaucoup de gens qui la connaissent », explique-t-il.

Il déplore notamment que « le seul véritable porte-parole qu’on entend de cet événement-là, c'est le maire de Montréal. Non pas qu’il est mauvais, mais c’est juste qu’il est le seul et ce n’est pas nécessairement son rôle ».

M. Gosselin estime qu'une meilleure stratégie de communication aurait permis aux Montréalais de mieux comprendre la portée sociale de la formule E.

« Il faudra aussi nous vendre ce que ce spectacle-là a de différent, ce que jusqu’à maintenant on a très, très mal fait et probablement qu’on n'arrivera pas à le faire ce week-end », conclut le stratège.

Un millier de citoyens enclavés

Conscient que plus de 1000 résidents et une vingtaine de commerces du quartier Centre-Sud seront enclavés par le périmètre du circuit, Denis Coderre a répété que les citoyens avaient été prévenus et consultés longtemps à l'avance. Le maire a également assuré que des mesures avaient été prises, notamment l'aménagement d'entrées de secours et de passerelles pour assurer la circulation des citoyens et l'intervention des services d'urgence dans le secteur en cas de sinistre ou d'urgence médicale.

Denis Coderre a du même souffle assuré les résidents du quartier que le circuit serait démantelé très rapidement après la course pour que le secteur soit rouvert dès 6 h 30 le lendemain matin.

Une occasion que Montréal ne pouvait pas manquer, selon le maire

Pour ce qui est de la popularité de l'événement, ici encore, le maire de Montréal demande aux médias et aux citoyens de donner une chance à l'événement qui en est à sa première année à Montréal.

Abordant de front la question des dons de billets, Denis Coderre a expliqué que, oui, des billets ont été donnés pour faire la promotion de cette nouvelle course et que c'est un procédé de marketing adopté par de nombreuses autres grandes villes qui ont aussi reçu cet événement.

Pour le maire, la formule E est une occasion unique de développement économique et technologique pour Montréal dans un domaine en pleine expansion.

« Cet événement-là a trois ans. Ça commence! Est-ce qu’on allait dire non à cet événement? Est-ce qu’on allait le laisser passer comme ça? Voyons donc! Depuis quand est-ce qu’on refuse des défis à Montréal? Si on veut justement travailler dans cette nouvelle culture de l’électrification, pourquoi est-ce qu’on n’en profiterait pas? » a demandé le maire.

L'opposition promet de déplacer l'événement sur le circuit Gilles-Villeneuve l'an prochain

De son côté, la chef du parti Projet Montréal, Valérie Plante, estime qu'il est « inconcevable d'envisager d'organiser à nouveau l'événement dans les rues de Montréal ».

Dans un communiqué, Mme Plante explique que les citoyens et les commerçants du secteur enclavé sont loin d'en avoir pour leur argent avec ce projet dont les termes et l'organisation ont été mal négociés par l'administration Coderre. Valérie Plante promet par ailleurs que si elle devient la première mairesse de Montréal lors des élections municipales de l'automne, elle conservera certes cet événement, mais elle le déplacera sur le circuit Gilles-Villeneuve, là où il doit être, selon elle.

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