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Forte hausse des cas de stress post-traumatique chez les militaires canadiens

Le nombre d'anciens militaires qui souffrent du syndrome de stress post-traumatique a plus que doublé au Canada depuis la guerre en Afghanistan.

Au plus fort de ce conflit, le ministère des Anciens Combattants comptait 6000 cas. En juin 2015, il y en avait 14 300. Cela s'explique notamment par les séquelles importantes laissées par cette guerre et par une plus grande ouverture d'esprit en ce qui concerne le syndrome de stress post-traumatique.

Certains anciens militaires se heurtent encore à des difficultés quand ils essaient d'obtenir de l'aide. Il arrive que la frustration les pousse à renoncer.

Shawn Kennedy, un ancien militaire, affirme que son dossier a été transféré d'un gestionnaire à l'autre sans que personne ne l'aide. Il décrit la situation en disant qu'il est comme un nageur qui s'enfonce un peu plus dans l'eau à chaque brasse.

Les longs temps d'attente pour les anciens militaires ont mené l'ombudsman des vétérans, Guy Parent, à lancer un appel au gouvernement fédéral, l'an dernier. Il explique que le plan d'action mis en oeuvre par Ottawa en matière de santé mentale a amélioré la situation, mais qu'il y a encore beaucoup à faire.

Sans contester les chiffres sur le nombre d'anciens combattants souffrant du syndrome de stress post-traumatique, le ministre de la Défense nationale, Jason Kenney, assure que les militaires ont accès à plus de services.

Le ministre ajoute que la fermeture de plusieurs centres de services aux anciens combattants ne peut être liée à l'augmentation des cas de stress post-traumatique. Il rappelle que ceux qui y travaillaient étaient des fonctionnaires qui ne s'occupaient pas de cette problématique.

Des psychiatres débordés

Mark Johnston, un psychiatre en Nouvelle-Écosse qui travaille auprès d'anciens militaires souffrant du syndrome de stress post-traumatique, dit aussi que le temps d'attente diminue, mais il ajoute que le nombre de cas augmente vite. Il explique que des psychiatres ont dû momentanément cesser d'accepter de nouveaux clients parce qu'ils sont débordés.

Selon M. Johnston, seule une petite proportion des anciens militaires qui souffrent du syndrome ont reçu un diagnostic. Il dit que des vétérans de la Deuxième Guerre mondiale, de la Guerre de Corée et des missions de paix souffrent également du syndrome, en plus de ceux de la guerre en Afghanistan.

Des défenseurs des anciens combattants affirment qu'il faut consacrer plus d'argent et de ressources à l'aide qu'on leur offre, à défaut de quoi, selon Michel Blais, président et fondateur de l'association Canadian Veterans Advocacy, la situation sera catastrophique. Celui-ci ajoute dit qu'un plus grand nombre d'anciens militaires s'enlèveront la vie, et qu'il faut prévenir cela.

Selon Mark Johnston, les militaires planifient soigneusement leurs interventions sur le terrain, mais non les conséquences de ces actions à long terme dans leurs rangs. Selon lui, les militaires ne comprennent pas le problème et n'ont pas fait de planification en la matière. Il dit que les mêmes erreurs vont se répéter à moins d'un changement d'attitude.

D'après un reportage de Stephen Puddicombe

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