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Forte participation à l'élection présidentielle en Iran

Plus de 40 millions d'Iraniens ont voté vendredi à l'élection présidentielle pour choisir entre les deux candidats donnés favoris, le président sortant, le modéré Hassan Rohani et le conservateur Ebrahim Raissi, ce qui représente un taux de participation de 70 %, a indiqué le ministère de l'Intérieur alors que commençaient les opérations de dépouillement.

La fermeture des bureaux de vote a été repoussée au moins cinq fois pour mettre aux nombreuses personnes dans les files d'attente de pouvoir glisser leur bulletin dans l'urne.

Les bureaux de vote ont finalement fermé à 23 h du soir (18 h 30 GMT).Initialement, les opérations électorales devaient se dérouler de 8 h à 18 h.

Les premiers signes d'une forte participation pourraient être de bon augure pour le président sortant dont les partisans ont souvent dit que leur principale inquiétude était l'attentisme des électeurs réformistes déçus par les lenteurs du changement.

Les résultats définitifs sont attendus 24 heures après la fermeture des bureaux de vote, selon la presse iranienne.

Deux autres candidats, des conservateurs, se présentaient également vendredi à l'élection. Si aucun candidat ne passe la barre des 50 % des suffrages exprimés, un second tour sera organisé vendredi prochain entre les deux candidats les mieux placés.

Le guide suprême de la Révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, avait appelé les Iraniens à se mobiliser.

Le résultat de la présidentielle pourrait déterminer si le retour de Téhéran dans le concert des nations à la faveur de l'accord sur le nucléaire de juillet 2015 est appelé à s'accélérer ou si, au contraire, il va connaître un coup defrein avec l'arrivée d'un conservateur à la tête du pays.

Depuis 1989, les trois prédécesseurs de Hassan Rohani ont tous exercé deux mandats consécutifs.

Mais cette fois, le chef de l'État sortant, 68 ans, considéré comme un modéré et un pragmatique, doit faire face à un adversaire de taille en la personne d'un dirigeant religieux fondamentaliste de 56 ans, qui a apparemment le soutien des puissants Gardiens de la Révolution.

« Des Gardiens de la Révolution aux chefs des prières du vendredi, le camp conservateur, la classe dirigeante non élue, soutient Raissi », commente un ancien haut responsable iranien.

« Mais c'est une décision risquée. Cela pourrait déclencher des manifestations similaires à celles de 2009, car différentes parties de la société, qui souhaitent une évolution de la classe dirigeante, ont uni leurs forces contre Raissi. »

Ebrahim Raissi est l'un des quatre juges islamiques qui avaient ordonné l'exécution de plusieurs milliers de prisonniers politiques en 1988. Son nom est mentionné comme possible successeur d'Ali Khamenei, qui aura 78 ans en juillet.

Les détracteurs du président sortant reprochent à Hassan Rohani son incapacité à redresser une économie affaiblie par plusieurs décennies de sanctions. Des accusations de corruption ont été en outre lancées durant la campagne.

Le taux officiel de chômage s'établissait l'an dernier autour de 12,5 % de la population active, selon des données publiées à l'automne par l'institut iranien de la statistique.

Nombre d'Iraniens estiment en outre que l'accord de 2015 avec les grandes puissances occidentales sur une levée des sanctions internationales en échange de concessions de Téhéran sur son programme nucléaire n'a pas permis de créer les emplois et la croissance attendus, ni d'attirer les investissements étrangers que promettait le président Rohani.

L'économie a été un enjeu majeur de la campagne électorale et Ebrahim Raissi a cherché à attirer à lui le vote des classes défavorisées en promettant de créer des millions d'emplois.

Cinquante-six millions d'Iraniens, sur 80 millions d'habitants, sont inscrits sur les listes électorales.

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