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Fragile, la trêve en Syrie est globalement respectée

À l'exception d'une chute d'obus à Damas, le cessez-le-feu décrété par Washington et Moscou dans la majorité des grandes villes de Syrie, samedi, semble tenir le coup.

Il régnait une quiétude inhabituelle aux abords de la capitale, où aucune colonne de fumée ne s'élevait de fiefs rebelles comme Jobar et la Ghouta orientale, contrairement à ce qui a été vu au cours des jours précédents. 

Une source militaire syrienne a fait mention d'un « petit nombre de terroristes à Douma et Jobar [qui] ont tiré des obus contre des quartiers résidentiels de la capitale », sans toutefois qualifier l'incident d'une violation de la trêve en cours.

Même la Russie a décidé de suspendre ses frappes aériennes en Syrie afin d'éviter de toucher par erreur les rebelles syriens, l'une des parties prenantes à cette trêve avec les forces gouvernementales.

Là où la guerre se poursuit

Les zones contrôlées par le groupe armé État islamique (EI) et la branche syrienne d'Al-Qaïda, le Front Al-Nosra, sont toutefois exclues de l'entente russo-américaine, ce qui représente plus de 50 % du territoire syrien. 

C'est ce qui explique que des attentats ont également eu lieu dans la province d'Hama, où au moins six personnes ont été tuées dans deux attaques suicides survenues quelques heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu à minuit, heure locale.

L'un des attentats, commis à Salamiya, a été revendiqué par l'EI sur Internet. « Cette attaque à la voiture piégée ne constitue pas une violation de la trêve, car elle s'est produite dans une zone où l'accord sur l'arrêt des hostilités ne s'applique pas », a précisé le représentant de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdoulrahmane.

En rencontre samedi après-midi, le groupe de travail sur le cessez-le-feu en Syrie, piloté par les Russes et les Américains, a d'ailleurs dressé un « bilan positif » de la situation, appuyé par les Nations unies.

Et si?

La journée de samedi est « critique » pour la suite des choses, a affirmé le médiateur et envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura.

Si les parties prenantes respectent la trêve et si l'aide humanitaire continue d'être acheminée dans les zones assiégées, de nouveaux pourparlers de paix intersyriens pourraient être convoqués le 7 mars à Genève, a-t-il confirmé.

C'est la première fois en cinq ans qu'une cessation des hostilités est appliquée en Syrie, où le conflit a fait plus de 270 000 morts et déplacé plus de la moitié de la population.

Dans le quartier rebelle de Boustan Al-Qasr, à Alep, Abou Nadim, père de quatre enfants, a partagé son optimisme. « J'espère que la trêve durera [...] pour goûter à nouveau, même partiellement, à ce que nous avons vécu avant la guerre », a-t-il confié.

Un étudiant en médecine de 22 ans à Damas, Ammar Al-Rai, lui a fait écho. « Mes amis et moi sommes contents. C'est la première fois que je me réveille sans le son de l'artillerie », a-t-il confié.

Les armes se sont toutefois fait entendre à Tall Abyad, dans le nord du pays, où les forces kurdes, appuyées par l'aviation de la coalition internationale menée par les États-Unis, ont tenté de reprendre la ville des mains de l'EI.

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