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Frais d’itinérance : factures de cellulaire salées pour des Canadiens qui résident près des États-Unis

Des Canadiens qui vivent près de la frontière avec les États-Unis doivent prendre des mesures pour éviter de payer des frais d’itinérance internationaux. Peu de choix s’offrent à eux : s’abonner à un forfait cellulaire américain ou se passer de téléphone portable.

Un texte de Stéphany Laperrière avec la collaboration de Sophie Vallée

Les habitants de Rainy River, en Ontario, ont rapidement appris à désactiver la fonction d’itinérance de leur cellulaire, qui permet à l’appareil de se connecter à un réseau étranger.

« De nombreux résidents doivent se battre contre des frais d’itinérance parce que leur cellulaire utilise automatiquement le réseau américain », affirme Veldron Vogan, directrice générale de la petite communauté collée sur le Minnesota.

Même combat à une centaine de kilomètres pour les résidents qui vivent en périphérie de Fort Frances, indique Kari Manty, qui habite à une dizaine de minutes en voiture de la municipalité du Nord-Ouest de l’Ontario.

Kari Manty dit avoir déjà reçu une facture de près 300 $ de son fournisseur de téléphonie mobile, Tbaytel.

« C’est simplement parce que les tours sont si proches... Il n’y avait pas de réseau de Tbaytel, mais il y en avait d’AT&T, et donc le cellulaire a pris ce qu’il pouvait », explique Kari Manty.

Tbaytel a toutefois accepté d’effacer une grande partie des frais d’itinérance demandés après qu’elle eut contacté la compagnie, ajoute-t-elle.

Code sur les services sans fil

Pour éviter les factures trop salées, le CRTC a adopté en 2013 le Code sur les services sans fil, qui prévoit que le fournisseur de services doit aviser le client lorsque son appareil est en itinérance dans un autre pays.

Le CRTC oblige aussi ces compagnies à cesser de facturer les frais d’itinérance à l’étranger lors qu’ils atteignent 100 $ par mois, à moins que le client n’accepte de payer des frais supplémentaires.

Seul hic : le réseau américain est parfois la seule option pour ceux qui vivent dans les petites communautés frontalières.

« Je n’ai pas de réseau chez moi », affirme Kari Manty, qui a demandé à Tbaytel d’empêcher son cellulaire de se connecter au réseau américain pour éviter d’autres mauvaises surprises.

« C’est une question de sécurité , poursuit-elle,  en cas d’accident dans un secteur où il n’y a pas de réseau, il ne reste qu’à espérer qu’il y ait quelqu’un qui habite à proximité. »

Pour pallier le manque de réseau tout en évitant des frais d’itinérance élevés, de nombreux résidents de Rainy River choisissent de se procurer un forfait cellulaire auprès d’un fournisseur américain, explique Veldron Vogan.

Développer le réseau

La technologie sans fil n’est pas infaillible, rappelle Tiéoulé Traoré, chef des relations gouvernementales pour l’Association canadienne des télécommunications sans fil, qui représente des fournisseurs de services cellulaires.

« Elle est conçue pour capter en tout temps le meilleur signal », dit-il en expliquant que cela varie en fonction du nombre d’utilisateurs à un moment précis.

Selon lui, la solution repose sur le développement de meilleurs réseaux et la collaboration entre les fournisseurs des deux pays pour identifier les endroits où les utilisateurs font face à ce problème.

Les infrastructures construites par les fournisseurs doivent être conformes aux ententes entre le Canada et les États-Unis, « ce qui inclut les limites identiques de puissance », indique un porte-parole d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada, Hans Parmar.

Bell Canada, qui offre des services dans le Nord-Ouest de l’Ontario, travaille avec ses partenaires américains pour prévenir les frais d’itinérance internationaux, selon son porte-parole Nathan Gibson.

De son côté, la porte-parole de Tbaytel, Katie Crowe, affirme que l’entreprise « fait tout en son pouvoir » pour limiter la portée des signaux canadiens aux États-Unis et que les compagnies américaines font de même.

Elle ajoute que le nombre de clients de Tbaytel affectés par les connexions accidentelles a diminué au cours des dernières années.

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