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Francophonie : un sommet et plusieurs enjeux pour Trudeau

Justin Trudeau compte utiliser la tribune du sommet de la Francophonie qui vient de s'ouvrir samedi matin à Madagascar pour parler du rôle des femmes, des droits des homosexuels et des changements climatiques.

Le premier ministre prend part à son tout premier sommet de la Francophonie et, déjà, il a l'intention d'aborder des enjeux qui tiennent le gouvernement à cœur.

Il a prononcé un discours dans le cadre de la cérémonie d'ouverture de la rencontre, en insistant notamment sur les droits des femmes et des filles, comme il l'a fait au Liberia plus tôt cette semaine.

Une vaste tribune

Le professeur de sciences politiques à l'Université de Moncton, Christophe Traisnel, affirme que le gouvernement canadien a intérêt à s'adresser à cette tribune, notamment en raison de sa portée sur la scène internationale.

Ces sommets réunissent à peu près 80 États qui représentent environ un milliard de personnes, dont 270 millions de francophones. C'est une scène qui, en soi, doit être investie par le Canada.

Christophe Traisnel, professeur de sciences politiques à l'Université de Moncton

Pour le premier ministre Trudeau, qui veut réaffirmer l’engagement du Canada envers l’Afrique, ce sommet lui donne l'occasion de tisser des liens avec des partenaires africains. Vingt-neuf des 54 membres de plein droit sont des pays d'Afrique.

Des résolutions canadienne et québécoise

Durant le sommet, le Canada tentera de faire adopter une résolution visant à lutter contre les mariages précoces et forcés.

Le Québec compte, quant à lui, appeler à l’adoption d'une résolution sur la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et sa ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, participent d'ailleurs au sommet, tout comme le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant.

L'Ontario membre de la francophonie?

Le Québec et le Nouveau-Brunswick sont membres de plein droit de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) depuis 1971 et 1977 respectivement. Durant le sommet, l'Ontario souhaite se voir attribuer le statut d'observateur.

La ministre déléguée aux Affaires francophones de la province, Marie-France Lalonde, note que l'Ontario explorait depuis quelques années l'idée de se joindre à l'organisation.

« On avait quand même essayé de faire bouger les choses avec l'ancien gouvernement fédéral, mais la porte semblait assez fermée à ce moment-là. Je vous dirais qu'avec le nouveau gouvernement Trudeau, la porte s'est ouverte », se félicite-t-elle.

Elle croit qu'une présence au sein de l'OIF pourrait notamment ouvrir de nouveaux marchés pour la province « au niveau culturel, au niveau social et du tourisme ». Selon elle, il est important que la francophonie internationale comprenne « qu'en Ontario, on parle français, qu'il y a une population forte qui est très intéressée à parler français ».

L'Ontario compte plus de 600 000 francophones. Il s'agit du plus grand nombre à l'extérieur du Québec.

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