Retour

Front commun à Calgary contre la surprescription d'opioïdes

Près de 500 professionnels de la santé ont décidé de faire front communs pour mettre un frein à la surprescription d'opioïdes au Canada. La Coalition pour une gestion sûre et efficace de la douleur a livré un plaidoyer en faveur des traitements alternatifs non pharmaceutiques à l'occasion du 7e Congrès sur les dépendances, qui se tient à Calgary.

Selon Michael Heitschu, président de la Coalition pour une gestion sûre et efficace de la douleur, il est impératif que le Canada trouve des façons de diminuer son recours aux opioïdes.

« L’année passée seulement, 19 millions d'ordonnances ont été rédigées au Canada. Il ne faut pas s’étonner alors de voir que le Canada est le deuxième plus grand consommateur d’opioïdes prescrits [au monde]. Mais ça ne doit pas nécessairement être comme ça », explique-t-il.

La Coalition a profité de l’événement pour dévoiler un rapport dans lequel où elle émet des recommandations à l’attention des professionnels de la santé.

Dans le document, on souligne qu’un grand nombre de Canadiens ignorent qu’il existe des traitements alternatifs pour réduire la douleur tels que les soins de chiropractie, de physiothérapie ou d’ergothérapie.

« Bien que la crise des opioïdes soit complexe, une partie de la solution consiste à réduire le nombre de personnes introduites aux opioïdes, en repensant le rôle et l'accès aux solutions non pharmaceutiques dans la gestion de la douleur », indique le rapport.

Une personne sur quatre

Plus du quart des patients qui utilisent des opioïdes risquent de développer une dépendance après leur première ordonnance, selon les auteurs du rapport.

Pour Matthew Young, analyste principal au Centre canadien sur les dépendances et l'usage de substances, tant les professionnels de la santé que les compagnies pharmaceutiques ont sous-estimé les risques associés à la consommation soutenue d’opioïdes.

Chez les Canadiens, ces médicaments sont généralement utilisés pour traiter les douleurs du cou ou du dos ou encore celles relatives à la fibromyalgie.

Les études indiquent toutefois que les opioïdes ont des effets limités comparativement à d’autres types de soins, puisqu’ils n’aident pas à prévenir la douleur sur le long terme.

Selon la Coalition, le manque d'options abordables dans le système de soins de santé du Canada – les soins de santé dispensés par les médecins spécialistes demeurent chers alors que les médicaments ont tendance à être remboursés par les assureurs et les régimes de santé provinciaux – fait en sorte que les opioïdes sont souvent prescrits par défaut.

Malgré toutes ces recommandations, les auteurs du rapport insistent pour rappeler qu’ils ne cherchent pas à s’en prendre aux utilisateurs actuels d'opioïdes ni à ceux qui reçoivent des prescriptions pour traiter le cancer ou dans le cadre de soins palliatifs.

« Il est important que les gens ne soient pas abandonnés dans la douleur ou sans la certitude qu'ils trouveront un peu soulagement, note le rapport. Les patients qui bénéficient vraiment des opioïdes devraient être en mesure de les obtenir. »

Avec les informations de Stéphanie Rousseau

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine