La crise des réfugiés syriens n'est pas sans rappeler le dur et long parcours des personnes qui fuient leur pays en guerre. Rencontre avec des réfugiés aujourd'hui installés au Canada et qui ont bénéficié de programmes de parrainage.

Un texte de Danny Braün à Désautels le dimanche

Ce sont bien souvent les camps et les cauchemars administratifs qui attendent les réfugiés dans des États qui ne leur ouvrent pas les bras. Ces « migrants » bien involontaires, confrontés à un exil forcé, doivent aussi laisser derrière eux non seulement une patrie, mais aussi une famille, des amis et une grande partie de leur vie.

Et lorsqu'ils arrivent finalement dans un pays qui décide de les accueillir, ils ont le sentiment de tout devoir recommencer à zéro. Au Canada, des programmes de parrainage permettent un tant soit peu d'adoucir cette difficile transition.

Laisser la famille derrière

Nazarine Jabari est arrivée au Canada en 2006, parce que le pays avait la réputation d'ouvrir ses portes aux réfugiés afghans, surtout aux femmes. La professeure raconte qu'elle est venue seule, sans son mari ni ses enfants. Ces derniers ont vécu comme réfugiés pendant des années au Pakistan en attendant d'avoir l'autorisation de venir au Canada.

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Malgré les préoccupations financières, elle vit ici l'esprit tranquille, sans craindre les bombes et sans s'inquiéter de savoir si ses enfants vont revenir vivants de l'école.

Bien qu'elle commence à profiter de la vie, elle ne comprend pas pourquoi les autorités canadiennes ont attendu si longtemps avant de réunifier sa famille.

Le stress de la guerre

Dans le quartier Chomedey de Laval, l'enseigne rouge du restaurant Chef Kebab attire l'oeil. C'est dans cette banlieue de Montréal que la famille Dawood a élu domicile. Garo, le père, est arrivé de Syrie en 2011 après avoir fui l'Irak en pleine guerre. Coup de chance, il a pu s'établir au Canada avec sa femme, ses quatre enfants, sa mère et une tante.

Ces huit personnes ont été parrainées par la maison arménienne Hay Doun, qui a accepté d'être responsable de la famille Dawood pendant sa première année au Canada.

L'image du petit Alan Kurdi

Les gens qui souhaitent parrainer des réfugiés sont fortement encouragés à le faire en collaboration avec un organisme qui a signé une entente de parrainage avec les autorités fédérales ou provinciales.

Au Québec, Action Réfugiés Montréal est un de ces organismes. Son directeur, Paul Clarke, croit que l'image d'Alan Kurdi, le petit Syrien trouvé mort sur une plage turque, a « changé le monde ».

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Les démarches de parrainage sont plus ou moins longues, selon le pays d'origine. Cependant, elles sont habituellement plus rapides lorsqu'il s'agit d'un parrainage effectué par un groupe de deux à cinq personnes.

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