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Fusillade au Tennessee : la thèse d'un acte terroriste n'est pas exclue

Les enquêteurs du FBI nagent en plein mystère au lendemain de la fusillade qui a fait cinq morts, dont l'agresseur, jeudi à Chattanooga, au Tennessee. À la lumière de la tuerie et d'une relecture du parcours du suspect, les enquêteurs n'excluent pas la possibilité qu'il puisse s'agir d'un acte de « terrorisme intérieur ».

L'Américain de 24 ans d'origine jordanienne, né au Koweït, Muhammad Youssef Abdulazeez, aurait ainsi, selon cette hypothèse, échappé à la vigilance des services de renseignements américains.

Ancien étudiant en ingénierie à l'Université du Tennessee, le jeune homme était apparemment sans histoire. Mais, depuis le drame, les enquêteurs scrutent un déplacement qu'il a effectué en Jordanie, selon la presse américaine et Agence France-Presse. Il y a passé « près de sept mois l'an dernier », selon l'édition de vendredi du New York Times citant un haut responsable du renseignement requérant l'anonymat.

Les enquêteurs tentent de déterminer si le suspect est demeuré en Jordanie au cours de cette période ou s'il s'est rendu dans des pays voisins. Selon certaines informations non confirmées dans la presse américaine, le tireur se serait rendu au Yémen.

« Cette attaque soulève plusieurs questions », explique la source du New York Times, notamment celle de savoir s'il « était dirigé par quelqu'un ou si la propagande là-bas [en Jordanie] est suffisante pour le motiver » à passer à l'acte.

Les enquêteurs scrutent les données des ordinateurs, de son téléphone et de ses comptes sur les réseaux sociaux afin de déterminer s'il a pu entrer en contact avec des organisations terroristes.

Prudente, la Maison-Blanche s'est contentée de dire que les enquêteurs étudiaient plusieurs pistes au sujet des motivations du tireur.

Le maire de Chattanooga, Andy Beke, estime que le « calendrier » de l'attaque, qui a eu lieu au dernier jour du ramadan, est conforme aux appels du groupe armé État islamique (EI) qui demande à ses disciples d'attaquer les pays occidentaux de l'intérieur.

« Nous n'avions de manière certaine aucune indication [permettant de signaler] qu'il était une menace ou qu'hier il allait se passer quelque chose », ajoute M. Beke, précisant que sa ville ne présentait aucun problème de radicalisation de la communauté musulmane.

Muhammad Youssef Abdulazeez aurait lancé un blogue sans toutefois présenter de signe de radicalisation ou de menace. « La vie est courte et amère » et les musulmans ne devraient « pas laisser passer l'occasion de se soumettre à Allah », a-t-il par exemple récemment écrit, selon le site américain spécialisé SITE.

Dans l'album des finissants de son école secondaire, il a également rédigé ce commentaire : « mon nom déclenche des alertes à la sécurité nationale. Et le vôtre? »

Le suspect n'avait eu aucun démêlé avec la justice avant avril dernier. Il a, à ce moment, été arrêté pour conduite en état d'ébriété alors que la consommation d'alcool est contraire aux préceptes de l'islam.

Muhammad Youssef Abdulazeez a tué quatre militaires américains, jeudi, avant d'être lui-même abattu par la police. Il a ouvert le feu dans un bureau de recrutement des marines avant d'aller faire de même dans un centre de réservistes.

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