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Fusillade de Moncton : la GRC coupable d'avoir mal équipé les policiers

La GRC est reconnue coupable d'avoir violé le Code canadien du travail et ainsi contribué à la mort de trois policiers aux mains de Justin Bourque, lors de la fusillade de Moncton en juin 2014.

Un texte de Catherine Allard

Le juge Leslie Jackson a rendu son verdict vendredi matin, au palais de justice de Moncton, après un procès de six semaines plus tôt cette année.

Dans une décision de 64 pages, le juge a expliqué que la force policière était coupable de ne pas avoir fourni l’équipement et la formation appropriés à ses agents, mais il rejette toutefois des accusations qui portaient sur la supervision des policiers.

Les deux parties seront de retour en cour le 23 novembre pour le prononcé de la peine. La GRC est passible d'une amende d'un million de dollars.

Fin d'un chapitre éprouvant pour les familles

Les épouses des trois agents tués, ainsi que des policiers présents dans la salle d’audience, ont poussés un soupir de soulagement lorsque le juge a émis son verdict de culpabilité. Pour eux, le chef d’accusation sur l’équipement et la formation était le plus important.

« Mon espoir est que cette histoire aura permis aux membres de la GRC d’être mieux équipés et d'être plus en sécurité. Tout au long, j’ai pensé que s’ils avaient eu l’équipement nécessaire, ça ne serait pas arrivé », a dit Nadine Larche, l'épouse du gendarme Douglas Larche, quelques minutes après le verdict.

Les policiers attendent des changements

Le président de l’Association canadienne professionnelle de la police montée et policier à Moncton, Louis-Philippe Thériault, affirme qu’un « gros poids sur [leurs] épaules disparaît tout à coup ».

Il affirme que l’absence de l’ancien commissaire de la GRC, Bob Paulson, « démontre le style de leadership dans lequel on vivait quand il était aux commandes de la GRC ».

Il n'est pas le seul à trouver que Bob Paulson brille par son absence. Un autre policier présent le soir de la fusillade, Patrick Bouchard, le souligne et dénonce le mauvais leadership au sein de la force policière.

« Dans la hiérarchie de la GRC, il n'y a pas personne qui est ici aujourd'hui pour dire " oui, on a fait quelque chose de pas correct ", et ça a été prouvé aujourd'hui, ils ont été trouvés coupables », dit Patrick Bouchard.

La fusillade de Moncton a déjà provoqué des changements au sein de la GRC. La grande majorité des autos-patrouilles au pays sont actuellement munies de carabines militaires, ce qui n’était pas le cas avant le 4 juin 2014.

Quelle est la prochaine étape?

Les deux parties seront de retour en cour le 23 novembre pour le prononcé de la peine. La GRC est passible d'une amende d'un million de dollars.

L'avocat de la GRC, Mark Ertel n'a pas dit s'il allait porter la décision en appel. Dans une déclaration écrite, la GRC affirme qu'elle « respecte la procédure judiciaire » et « examinera le jugement et décidera des prochaines mesures à prendre ».

Le professeur de gestion et de droit à l’Université d’Ottawa, Gilles LeVasseur, croit même que ce verdict de culpabilité pourrait ouvrir la porte à d'autres procédures judiciaires.

« Si on a déjà gagné un procès contre la GRC pour des manquements en relations de travail, ça veut dire ça que la GRC pourrait aussi faire l'objet d'autres manquements plus tard et qui serait sujet à d'autres poursuites », dit-il.

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