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Fusillade de Moncton : le procès de la GRC peut entraîner des conséquences au Canada

Le procès de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour des accusations non criminelles à la suite du meurtre de trois de ses agents à Moncton, au Nouveau-Brunswick, il y a près de trois ans, commencera lundi. Le procès s'annonce difficile et son issue pourrait avoir une influence importante sur tout le pays.

Un tireur a abattu trois agents de la GRC en juin 2014. Le ministère de l'Emploi et du Développement social du Canada accuse le corps policier d'avoir enfreint le Code du travail lors de la chasse à l'homme de 28 heures qui a mené à l’arrestation du tireur.

L'issue du procès peut entraîner des conséquences partout au pays, estime Gilles LeVasseur, professeur de gestion de droits à l'Université d'Ottawa.

« Si par exemple la GRC est reconnue coupable d'avoir manqué aux standards du Code canadien du travail, cette norme-là va aussi être reflétée dans tous les corps policiers à travers le Canada. On va exiger à travers les corps policiers du Canada le même standard, les mêmes mesures de protection, le même équipement, les mêmes démarches pour protéger les policiers », affirme Gilles LeVasseur.

Le procès s'annonce difficile pour les proches des policiers assassinés et pour les membres de la GRC

Radio-Canada a obtenu un courriel envoyé aux employés par le commandant Larry Tremblay. Il écrit que les évènements de cette nuit horrible seront vécus de nouveau par l’entremise des témoignages et des reportages des médias. Une ligne téléphonique d'aide sera disponible en tout temps, en plus de d'autres ressources.

La GRC a plaidé non coupable aux quatre chefs d'accusation. Selon la Couronne, l'équipement, la formation et la supervision des policiers faisaient défaut. On se demande si le dénouement de cette journée aurait pu être différent.

« La preuve doit démontrer qu'on avait, par exemple, une possibilité d'attentat. On n'a pas bien préparé les policiers, on a mal agi au niveau tactique, on a mal équipé les employés, on n'avait pas la communication adéquate pour être capable d'avoir l'appui et le rappel d'autres policiers », explique Gilles LeVasseur.

Certains proches voient d'un mauvais oeil la tenue d'un procès. Charles Goguen, le beau-père d'un des policiers assassinés, demandait à la GRC il y a quelques semaines d'éviter un procès.

« Aujourd'hui, j'aimerais que les familles continuent de guérir et que la procédure soit réglée d'une différente manière sans aller en cour. C'est tout ce que j'ai à dire aujourd'hui », avait déclaré Charles Goguen.

Les accusations contre la GRC peuvent mener à des amendes maximales de 1 million de dollars. Les intervenants estiment que le procès peut durer jusqu'en juin.

D'après le reportage d'Anne-Marie Provost

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