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Fusillade de Moncton : les policiers mal équipés, mal formés, selon des avocats de la Couronne

La Couronne a terminé son exposé d'ouverture au procès de la GRC relativement à la mort de trois de ses agents à Moncton, en juin 2014. Pendant ce long procès pour de présumées violations du Code du travail, elle tentera de démontrer que les policiers qui faisaient face au tireur Justin Bourque étaient mal équipés et n'avaient pas reçu un entraînement adéquat.

Justin Bourque a abattu trois agents de la GRC le 4 juin 2014. Il a été arrêté au terme d’une chasse à l’homme qui a duré 28 heures et qui a tenu toute la région en haleine.

Le ministère de l'Emploi et du Développement social du Canada accuse le corps policier d'avoir enfreint le Code du travail lors de ces événements.

Lors de l'ouverture du procès, lundi, à Moncton, le procureur Paul Adams a mentionné les témoignages d'experts qui, dans le passé, ont dit que les agents de la GRC devaient être mieux équipés.

Des armes de longue portée nécessaires

D'autres forces policières au pays ont reçu des carabines et la formation pour s'en servir bien avant les agents de la GRC, a-t-il déclaré.

Depuis 2011, 11 policiers de la GRC ont été tués par des armes de longue portée dans le cadre de leurs fonctions. En comparaison, ces armes ont fait seulement cinq victimes au sein des corps de police autres que la GRC au pays, selon Paul Adams.

Lorsque quatre agents de la GRC sont morts sous les balles d'un tireur à Mayerthorpe, en Alberta, en 2005, l'examen indépendant avait conclu que les gendarmes avaient besoin de plus d'équipement et d'entraînement, a rappelé le procureur.

Cet examen avait aussi pris note du fait que 18 forces policières au pays avaient déployé des armes de longue portée au sein de leur effectif.

Or, lors de la fusillade de Moncton, près de 10 ans plus tard, aucun des policiers qui ont fait face à Justin Bourque n'avait accès à des armes de longue portée ni n'avait reçu un entraînement pour s'en servir, une situation dénoncée plus tard par l'ancien sous-commissaire de la GRC Alphone MacNeil, qui avait mené une enquête indépendante.

Autre grande lacune, a relevé le procureur Paul Adams : aucun des agents de la GRC qui ont participé à la traque de Justin Bourque le 4 juin 2014 ne portait de gilet pare-balles.

En conclusion, il estime que la GRC n'a pas su bien protéger ses agents ce soir-là.

La défense réfute

L'avocat de la GRC, Mark Ertel, a ensuite pris la parole pour réfuter complètement les conclusions de son collègue. « À la fin de ce procès, vous vous rendrez compte que la GRC est déterminée à entraîner et à protéger ses membres », a-t-il déclaré.

Selon lui, les policiers Doug Larche, Dave Ross et Fabrice Gevaudan ne sont pas morts le 4 juin 2014 à cause de manquements de leur employeur.

Il a mentionné la possibilité que le commissaire de la GRC, Bob Paulson, témoigne pour la défense pendant le procès, qui pourrait durer jusqu'en juin.

L'audience a ensuite été ajournée jusqu'à mardi.

Les accusations contre la GRC peuvent mener à des amendes maximales d'un million de dollars.

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