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Fusillade de Moncton : un verdict ce matin au procès de la GRC

Un verdict qui pourrait déterminant pour les forces policières au Canada est sur le point d'être rendu, à Moncton. Un juge doit déterminer si la GRC a violé le Code canadien du travail et ainsi contribué à la mort de trois policiers aux mains de Justin Bourque, en juin 2014.

Un texte de Catherine Allard

Le juge Leslie Jackson doit rendre son verdict ce matin, au palais de justice de Moncton, après un procès de six semaines. Pas moins de 30 témoins se sont succédé à la barre et les audiences ont connu leur lot de rebondissements.

La GRC fait face à quatre chefs d’accusation non criminelles en vertu du Code canadien du travail. Elles ont trait à l’équipement, à la formation et à la supervision des policiers.

Une décision historique

Selon les avocats de la défense, les Canadiens risquent d'assister à une certaine militarisation de la police, si la GRC est reconnue coupable, puisqu'elle devra fournir des armes plus lourdes et plus puissantes à ses policiers, et les former en conséquence, afin qu’ils soient prêts à faire face à un tireur actif.

« Toute cette réforme-là, ça va amener plus de sécurité, mais ça va aussi amener une philosophie de protection de l’officier. Il faut être proactif, protéger nos employés, c’est ça qui compte et c’est ça que le jugement va amener », explique le professeur de gestion de droits à l’Université d’Ottawa, Gilles Levasseur.

Pour Gilles Levasseur, l’image de la GRC risque d’être entachée si le juge émet un verdict de culpabilité. « C’est un symbole de la protection du citoyen et on a besoin de savoir qu’on s’occupe des gens qui s’occupent de nous ».

Chaque accusation est passible d’une amende pouvant atteindre 1 million de dollars, mais le professeur ne croit pas que le juge imposera le maximum.

« Comme c’est une première situation pour la GRC, on n’ira probablement pas au maximum la première fois, mais ça pourrait être une amende assez sévère », croit Gilles Levasseur.

Si la GRC est acquittée, ce sera le statu quo. La fusillade de Moncton a cependant déjà provoqué des changements au sein de la GRC. La grande majorité des auto-patrouilles au pays sont actuellement munies de carabines militaires, ce qui n’était pas le cas avant le 4 juin 2014.

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