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Gaétan Barrette défend sa réforme des laboratoires

Le ministre de la Santé du Québec répond aux inquiétudes et défend son projet de centraliser les laboratoires de la province afin de réaliser des économies. Gaétan Barrette veut créer des superlabos dans 11 hôpitaux désignés. Mais tout cela suscite des craintes.

Un texte de Thomas Gerbet

« C'est un vrai délire », clame le député de Québec solidaire, Amir Khadir, lui-même microbiologiste. Il ne croit pas du tout aux millions de dollars d'économies promis par Gaétan Barrette, au contraire. « Il y a des études qui montrent très bien qu'au-delà d'une certaine limite, toute fusion et toute intégration de service entraînent des coûts supplémentaires ».

Amir Khadir s'inquiète des transports d'échantillons, parfois sur de grandes distances. En effet, les prélèvements devront être transférés des hôpitaux dont les laboratoires vont réduire leurs activités vers ceux qui vont grossir. « Médicalement, c'est tout à fait inacceptable », pense-t-il.

Le ministre de la Santé assure que le Québec peut centraliser ses laboratoires, comme l'on fait l'Ontario et l'Alberta. Gaétan Barrette compte réaliser des économies d'échelle et des gains de productivité en regroupant les spécialités et en achetant des machines à la fine pointe de la technologie. 

Y a-t-il des risques pour les patients avec la multiplication des transports d'échantillons? « La réponse, c'est oui, mais dans la pratique, c'est non », répond le ministre. Pourtant, la direction du Centre universitaire de santé McGill a reconnu cette semaine avoir perdu des centaines d'échantillons en raison de la hausse du transport des prélèvements. Le CUSM est l'établissement le plus avancé au Québec en ce qui a trait au modèle de centralisation.

Gaétan Barrette reconnaît cependant que la traçabilité des échantillons doit être améliorée au Québec, tout comme la fiabilité du transport. Ce qui ne rassure pas l'Alliance des professionnels de la santé et des services sociaux (APTS) qui se demande si on ne met pas la « charrue avant les boeufs » en lançant déjà la centralisation.

« La réforme met en danger la qualité des échantillons recueillis, s'inquiète la vice-présidente de l'APTS, Nicole Déry. Rappelons que ces spécimens servent à obtenir des diagnostics. Négliger des échantillons a un coût humain important pour les patients. Quand on ne sait pas si nous sommes atteints d'une maladie, la dernière chose que nous voulons, c'est d'avoir à subir une autre biopsie ou pire encore, de recevoir un mauvais diagnostic. »

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