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Gala Québec Cinéma : couronné, Xavier Dolan défend les films en salle

Il y a eu peu de surprises au Gala Québec Cinéma, dimanche. Donnés favoris, Juste la fin du monde et Xavier Dolan ont remporté les Iris du meilleur film et de la meilleure réalisation.

Son discours pour le prix du meilleur film a été l'occasion pour le cinéaste de livrer un plaidoyer en faveur du cinéma en salle.

Xavier Dolan a également dénoncé la décision du CRTC, qui a récemment aboli des conditions au sujet de la programmation originale canadienne de langue française. « Il faut se battre pour notre identité et notre culture, et c'est maintenant », a conclu le cinéaste, récoltant les acclamations de la foule.

Quelques minutes plus tôt, au moment de recevoir son Iris du meilleur réalisateur, le grand gagnant de la soirée avait fait un discours plus convenu, remercié les vedettes françaises au cœur du film et rendu hommage à la mémoire de Jean-Luc Lagarce, auteur de la pièce à l’origine du long métrage. Le cinéaste a ensuite envoyé un « je t’aime » à Anne Dorval, qui l’accompagnait lors de la soirée et qui lui a fait découvrir le texte de Juste la fin du monde. Puis est venu le tour de sa productrice, Nancy Grant : « Quel bonheur de créer avec toi, Nancy. »

Cannes, les César et le Québec

Primé à Cannes l’an passé, aux César en février dernier et aux Prix Écrans canadiens en mars, Xavier Dolan ajoute ainsi d'autres honneurs à son palmarès. En ajoutant les trois prix récoltés au Gala des artisans, jeudi, Juste la fin du monde, film sur la visite tendue et déchirante d'un jeune homme malade du sida à sa famille, remporte au total cinq Iris.

Du côté des interprètes, Mylène Mackay a remporté le prix de la meilleure actrice pour son interprétation de la romancière Nelly Arcan dans le film d'Anne Émond.

Émue, la comédienne a immédiatement salué sa réalisatrice grâce à qui elle dit s'être sentie libre. Mylène Mackay a également quelques mots forts pour Nelly Arcan, cette « insaisissable Nelly. [...] Merci d’avoir mis des mots sur un mal-être partagé par tant de femmes ».

Gabriel Arcand a récolté l'Iris du meilleur premier rôle masculin pour Le fils de Jean. Ce film, fruit d'une collaboration entre la France et le Québec, a permis à l'acteur de faire connaissance avec le réalisateur Philippe Lioret,« un homme de conviction et qui est aujourd’hui un ami », a soutenu Gabriel Arcand dans son discours.

Deux prix pour Les mauvaises herbes

Luc Picard a été le premier lauréat de la soirée, dans la catégorie du meilleur second rôle masculin. L'acteur a été récompensé pour son interprétation de Patenaude, prêteur à gages quelque peu perturbé qui poursuit un acteur endetté dans Les mauvaises herbes. Outre son réalisateur, l’équipe du long métrage et son fils, le comédien a également remercié les … contribuables québécois. Le film a également été récompensé du prix du meilleur scénario.

De son côté, Céline Bonnier a remporté l'Iris du meilleur second rôle féminin pour Embrasse-moi comme tu m'aimes. Elle avait déjà récolté un prix l'an passé (meilleure actrice) pour son interprétation d'une religieuse dirigeant un couvent dans La Passion d'Augustine.

Parmi les gagnants les plus applaudis de la soirée, Rykko Bellemare, sacré révélation de l’année, figure en haut de la liste. Le jeune acteur a été remarqué dans le film Avant les rues, premier film de fiction tourné en atikamekw. Il y joue un jeune Autochtone qui, loin de son village natal, tourne mal.

Rykko Bellemare a alterné entre sa langue natale et le français dans son discours de remerciement, où la réalisatrice Chloé Leriche, qui lui a permis de participer à cette « expérience malade », tenait une bonne place.

Si Les mauvaises herbes ont dominé le début de la soirée, le public a en revanche choisi de récompenser 1:54, film sur l'intimidation à l'école de Yan England. Le réalisateur a notamment remercié Antoine Olivier Pilon, « la formule 1 des acteurs, un mec qui s’est lancé corps et âme pour jouer le rôle de Tim », jeune athlète talentueux qui doit faire face à la violence d'autres adolescents.

Nommé aux Oscars, mais sans victoire au bout, Vaysha l’aveugle, de Theodore Ushev est cette fois sorti gagnant de la catégorie du meilleur court métrage (animation). Alexandre Dostie a pour sa part remporté l’Iris du meilleur court métrage (fiction) pour Mutants.

Des débuts réussis pour Édith Cochrane et Guylaine Tremblay

En début de cérémonie, les animatrices Édith Cochrane et Guylaine Tremblay ont ouvert le gala en évoquant avec humour l’affaire Claude Jutra qui a conduit à renommer la soirée ou encore la faible représentation féminine chez les cinéastes. « Sur 25 longs métrages de fiction en nomination ce soir, tenez-vous bien, il y en a 3 qui sont réalisés par des femmes. Ok, on est des femmes, on n'est pas très très bonnes en maths, mais ça sonne proche de la parité pas mal », a glissé avec ironie Guylaine Tremblay.

Toute la soirée, les deux actrices, très en forme pour cette première présentation en commun, ont également imaginé la manière dont elles auraient pu passer les auditions pour décrocher un rôle dans les principaux films nommés cette année. À ce petit jeu, leur apparition en habits de cuir sadomasochistes pour Les 3 p'tits cochons 2 valait le détour.

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