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George A. Romero, le père des films de zombies, est mort

Le réalisateur américain George A. Romero, dont le classique Night of the Living Dead (La nuit des morts-vivants) a profondément marqué le cinéma d'horreur, est décédé dimanche à Toronto à l'âge de 77 ans, a annoncé son gérant.

« Le réalisateur légendaire George A. Romero est décédé dimanche 16 juillet, en écoutant la bande originale de L'homme tranquille, un de ses films préférés », a annoncé Chris Roe dans un communiqué.

Sa femme Suzanne Desrocher et sa fille Tina Romero étaient à ses côtés, selon la même source.

Grâce à George A. Romero, les films de zombies sont devenus un phénomène social. Il a compté de nombreux imitateurs, de nombreux zélateurs.

Night of the Living Dead a été le premier film réalisé par Romero. Plusieurs le considèrent comme une critique contre le racisme. Le seul personnage noir réussit à survivre aux zombies, mais est tué par des sauveteurs.

Tourné en noir et blanc, avec un budget d'environ de 100 000 dollars et des acteurs inconnus, La nuit des morts vivants, sorti en 1968, raconte l'assaut d'une ferme isolée par une horde de morts sortis de leurs tombes à la suite d'une mutation. La fiction joue sur les frayeurs d'une époque marquée par la guerre du Vietnam, la course aux armements et la fascination pour les ovnis.

Le film, devenu un classique, a rapporté plus de 30 millions de dollars. Le réalisateur avait reconnu avoir été inspiré par le roman de science-fiction Je suis une légende de Richard Matheson, paru en 1954.

Le film a été ajouté en 1999 au Registre national des films des États-Unis, qui regroupe des œuvres considérées comme « culturellement, historiquement ou esthétiquement importantes ».

À l'origine, le film devait s'intituler « La nuit des mangeurs de chair », mais son distributeur, Walter Reade, avait décidé de changer de titre. Aucun droit de propriété intellectuelle n'a été déposé pour le titre final et « La nuit des morts-vivants » est entré dans le domaine public, ce qui a permis sa très large diffusion. Romero a confié au New York Times en 2016 que cette méprise avait permis de « garder le film en vie ».

Romero a tourné une quinzaine de films, dont Creepshow, Day of the Dead (Le jour des morts-vivants) et The Dark Hill (La part des ténèbres).

Selon le critique de cinéma, Roger Ebert, Day of the Dead est « l'un des meilleurs films d'horreur, et nécessairement l'un des plus effrayants ». Ce film est « horrible, écoeurant, dégoûtant, violent, brutal et épouvantable, mais il a été tourné de brillante façon ».

« C'est un film drôle, amusant et s'attaque sauvagement à la société de consommation américaine », a-t-il ajouté.

L'horreur comme moyen d'expression

Romero a eu une liaison amour-haine avec le genre qu'il a grandement contribué à créer. Il a dit de la série The Walking Dead qu'elle n'était qu'un « opéra-savon ». Il dit regretter que des longs-métrages à grand budget comme World War Z rendent impossible le tournage d'oeuvres de zombies plus modestes.

Il a souvent maintenu qu'il n'aurait jamais tourné un film d'horreur s'il n'avait pas pu y rattacher un message politique.

Natif en 1940 dans le Bronx, à New York, George Romero a été très tôt attiré par les histoires de monstres, mais des monstres très proches des gens qu'ils terrorisent, précise son partenaire de production, Peter Grunwald.

« Ce ne sont pas des monstres fantastiques [...] Ce sont nos voisins, nos proches, nos amis. D'une certaine manière, ils sont en cela plus effrayants », ajoute-t-il.

Le décès de Romero, d'un père cubain et d'une mère américano-lituanienne, a suscité de nombreuses réactions. Pour l'écrivain Stephen King, il était son collaborateur favori. « Il n'y en aura pas d'autres comme toi », a-t-il écrit.

De son côté, le réalisateur Guillermo del Toro a déclaré que « cette perte est si énorme ».

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