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Gérald Tremblay était au courant du système de collusion, selon l'UPAC

L'attribution du contrat des compteurs d'eau n'est pas le seul motif qui a poussé les enquêteurs de l'UPAC à mener des perquisitions au domicile et au chalet de l'ex-maire de Montréal Gérald Tremblay, selon un document obtenu par Radio-Canada.

Un texte d'Olivier Arbour-Masse

La dénonciation en vue d'obtenir un mandat de perquisition à la résidence d'Outremont déposée par un enquêteur de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) se base sur les déclarations de 11 témoins, que les enquêteurs ont rencontrés entre 2011 et le 21 juillet dernier, soit une semaine avant qu'ils rendent visite à l'ancien maire. Aucune de ces déclarations n'a été prouvée devant la cour.

Selon ce document, l'UPAC a « des motifs raisonnables et probables de croire que Gérald Tremblay connaissait l'existence » du système de financement illégal de son parti. On lit également dans le document que « la réélection du parti Union Montréal à la tête de la Ville de Montréal était nécessaire à la survie du système collusionnaire ».

La perquisition a été menée dans le cadre du projet FRONDE, une enquête visant, entre autres :

  • Le financement du parti Union Montréal par des compagnies québécoises (génie, architecture, construction, etc.) ainsi qu'un système de fausse facturation pour le financer.
  • L'attribution planifiée des contrats de la Ville de Montréal par des représentants de ces compagnies, l'argentier d'Union Montréal Bernard Trépanier et Frank Zampino, président du comité exécutif de la Ville de 2002 à 2008.
  • L'utilisation du système collusionnaire en place pour obtenir du financement pour la FINA, en 2005 (année électorale).
  • « L'attribution dirigée du contrat des compteurs d'eau de la Ville de Montréal au consortium GÉNIeau. »

« Qui connaît SNC? Qui connaît CIMA+? » - Gérald Tremblay

Selon un témoin, Gérald Tremblay est aujourd'hui perçu comme celui qui a sauvé les Championnats du monde de la Fédération internationale de natation (FINA), un événement crucial pour son image de maire, à quelques mois de l'élection de novembre 2005. Or, toujours selon ce témoin, certaines de ses méthodes soulèvent des questions.

L'organisation montréalaise de ces championnats éprouvait des problèmes de financement et risquait de perdre la présentation de l'événement. Gérald Tremblay, dans une réunion à son bureau, a demandé aux personnes présentes de vendre des billets à tous ceux qu'ils connaissaient et qui faisaient des affaires avec la Ville, explique ce témoin ayant travaillé à la Ville.

« Qui connaît SNC? Qui connaît CIMA+? » a alors questionné le maire.

Le témoin poursuit : « [...] c'est contre toute bonne gestion de demander au plus haut fonctionnaire de la Ville de vendre des billets à des entrepreneurs, sans penser lui devoir quelque chose après. Ça aurait été de toute évidence une redevance. »

Gérald Tremblay au 357C

Le désormais célèbre club privé 357C, dans le Vieux-Montréal, a fait couler beaucoup d'encre à l'époque de la commission Charbonneau. Des dirigeants d'entreprise et organisateurs politiques s'y sont fréquemment donné rendez-vous.

Selon la dénonciation, le maire Tremblay s'y est rendu en décembre 2007, accompagné notamment de Bernard Trépanier, Frank Zampino et Paolo Catania.

Trépanier, grand argentier d'Union Montréal congédié en 2006, a continué à amasser des fonds pour le parti du maire après son congédiement. Un fait connu de Gérald Tremblay, selon des témoignages.

Le rôle du grand argentier d'Union Montréal, Bernard Trépanier, et du président du comité exécutif, Frank Zampino, à la tête du stratagème d'attribution planifiée des contrats en retour de financement au parti Union Montréal est expliqué dans la dénonciation.

Ces révélations et témoignages sont des allégations contenues dans les documents présentés à la cour dans le but d'obtenir un mandat de perquisition. Rien n'a été prouvé devant les tribunaux et aucune accusation n'a encore été portée.

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