Le monstre sacré du cinéma français, Gérard Depardieu, passera la semaine au Québec pour présenter plus d'un an après sa création son spectacle Depardieu chante Barbara. Celui qui a incarné au cinéma Danton, Cyrano et Christophe Colomb reprend sur scène les textes de la mythique chanteuse qui a composé entre l'autre L'aigle noir. Une rencontre inoubliable avec un géant.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

Jusqu'à la toute dernière minute, on ne savait rien de la durée de l'entretien qu'allait nous accorder (ou pas) le comédien Gérard Depardieu. Le rendez-vous avait été fixé à l'Olympia de Montréal, tout juste avant une répétition prévue ce jour-là. Devant l'ampleur du personnage, on pouvait s'attendre à tout. On nous avait bien mis en garde que le comédien était en ville pour parler de Barbara, mais pas de politique.

Au bout du compte, nous avons rencontré un Gérard Depardieu en pleine possession de ses moyens, d'une grande générosité et parfois pince-sans-rire.

Barbara et Depardieu, l'amitié d'abord

Barbara et Gérard Depardieu ont chanté ensemble en 1986 dans un spectacle Lily Passion. La tournée Depardieu chante Barbara est donc voyage très émotif pour le comédien qui retrouve en quelque sorte sa grande complice.

Gérard Depardieu fait beaucoup plus que de chanter Barbara, il l'incarne en reprenant ses textes. Il a poussé la note jusqu'à faire appel au musicien Gérard Daguerre, le fidèle pianiste qui a accompagné Barbara jusqu'à la toute fin de sa vie. « J'essaie de continuer une conversation en dehors des chansons que nous avions ensemble, de rire et de complicité ».

Sensible, le comédien voulait s'abandonner à ses émotions en faisant un tel spectacle.

En amour avec le Québec

Il a traversé l'océan Atlantique pour présenter sa vision de Barbara. Il avait ceci à dire à propos du Québec : « Je n'aime pas l'Amérique, mais j'aime le Québec. J'aime l'histoire surtout. [...] Ce ne sont pas les Français qui m'intéressent non, plus croyez-moi. Mais j'aime les espaces ici et puis l'esprit et les gens ». Grand voyageur, Gérard Depardieu revient d'un séjour au Japon.

Pas de politique

Si Gérard Depardieu parle sans détour de Barbara et de ses voyages, il aime moins parler de politique, lui qui a obtenu la citoyenneté russe : « Pourquoi veux-tu parler de politique ? Il y a déjà assez de mecs qui parlent de politique. [...] Je ne connais pas d'hommes qui puissent faire ce qu'ils disent, c'est à dire vouloir notre bien. Je ne pense pas ».

Lorsque questionné sur le mouvement #Moiaussi, Gérard Depardieu répond ceci : « Vous savez si vous faites allusion à la porcherie ou au porc qui est dans l'homme, ça ne m'intéresse pas. Ça, c'est anecdotique. Je pense que des siècles et des siècles, depuis que l'homme est homme il y a toujours eu ces choses-là. Ça commence dans les religions. […] Comment voulez-vous que ça se termine? »

Et la suite?

Dans la chanson Ma plus belle histoire d'amour, Barbara chante :« C'est vrai, je ne fus pas sage et j'ai tourné bien des pages ». Est-ce que certaines chansons de Barbara sont pour Gérard Depardieu un miroir, un bilan du temps passé?

Le comédien n'ose pas trop s'avancer sur la suite de sa carrière. « Je pense que c'est très bien en ce moment, je suis dans une espèce de vide total et c'est ce vide qui me permet de faire rentrer l'amour des gens. Je suis tellement amoureux des gens, même des cons et quand ils sont trop cons, je regarde à côté. Je suis fasciné par les gens et les cultures. L'homme, la femme, les rapports sont fascinants. »

Depardieu chante Barbara sera présenté le mardi 22 mai au Grand Théâtre de Québec et les 23 et 24 mai à l'Olympia de Montréal.

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