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Gestion de l'offre et Partenariat transpacifique : combien d'emplois en jeu? L'épreuve des faits

Alors que les négociations se poursuivent à Atlanta en vue de la conclusion du Partenariat transpacifique, des regroupements d'agriculteurs demandent qu'on protège la gestion de l'offre qui touche les filières du lait, des oeufs et de la volaille. Est-ce souhaitable?

Un texte de Denis-Martin Chabot

Faut-il protéger intégralement la gestion de l'offre au Canada et les emplois qui en dépendent?

Vérification faite : ce n'est pas simple.

La gestion de l'offre concerne environ 13 % des fermes au Canada.

Il est toutefois difficile de savoir exactement combien d'emplois sont en jeux. Les chiffres de l'Union des producteurs agricoles (UPA) sont des estimations qui incluent les emplois indirects liés à la production et à la transformation. Des 92 000 emplois cités pour le Québec seulement, 62 213 relèvent de la production et de la transformation dans la filière laitière uniquement.

Or, le Centre canadien d'information laitière (qui dépend de l'organisme fédéral Agriculture et Agroalimentaire Canada) dénombre de son côté 44 484 emplois dans tout le Canada pour la filière laitière. Il s'agit ici d'emplois directs seulement.

Pour consulter la répartition des fermes laitières et avicoles à partir d'un appareil mobile, cliquez ici.

La gestion de l'offre assure aux producteurs des revenus stables. En 2013, les fermes soumises à la gestion de l'offre affichaient un revenu net exprimé en pourcentage du total des revenus supérieur à la moyenne de l'ensemble des fermes au Canada.

Pour consulter la proportion des fermes soumises à la gestion de l'offre à partir d'un appareil mobile, cliquez ici.

L'exemple de l'Australie

Si l'on regarde du côté de l'Australie, où les quotas de lait ont été abolis en 2000, la production par ferme a augmenté de 71 % en 13 ans. Mais le nombre de fermes, lui, a baissé de moitié au cours de la même période. Et la production laitière totale a chuté de 15 %. Les producteurs australiens ont donc perdu des parts de marché au profit de leurs concurrents. Par ailleurs, le gouvernement a versé 2 milliards de dollars australiens aux agriculteurs pour le rachat de leurs quotas, une mesure financée par une taxe de 11 cents sur chaque litre de lait vendu entre 2000 et 2009.

En contrepartie, le pays voisin, la Nouvelle-Zélande, a aboli ses quotas en 2001 et semble se tirer mieux d'affaire. Le pays est devenu le plus grand exportateur de produits laitiers au monde, mais ses fermiers ont dû s'endetter énormément pour augmenter la taille de leur cheptel. Et avec cela, la pollution.

La gestion de l'offre n'a pas empêché une chute majeure du nombre de fermes au Canada. Depuis 1970, quand elle est entrée en vigueur, le nombre de fermes laitières a chuté de 90 %, comme aux États-Unis qui, eux, n'ont pas instauré de système de gestion de l'offre.

Quand aux prix pour les consommateurs, une étude manitobaine estime que les familles canadiennes paient annuellement entre 330 et 550 $ de plus pour leurs produits sous gestion de l'offre.

En Australie, les prix ont augmenté de plus du tiers depuis la dérèglementation alors que l'inflation a augmenté de 58 %.

En Nouvelle-Zélande, les prix se comparent à ceux du Canada.

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