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Grève tournante : journée mouvementée à Québec

Des milliers de travailleurs ont protesté bruyamment à Québec et dans Chaudière-Appalaches aujourd'hui durant la grève tournante du Front commun de la fonction publique pour dénoncer la lenteur des négociations avec le gouvernement du Québec.

Les manifestations se sont amorcées tôt hier matin dans les établissements de santé, aux abords des écoles et devant la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ), entre autres. Les travailleurs devraient débrayer jusqu'à 18 h.

À la SAAQ, devant les manifestations, une centaine d'employés sont entrés au travail sous escorte policière. Les travailleurs, des cadres ou des professionnels qui n'étaient pas en grève, ont traversé les piquets de grève mis en place par leurs collègues membres du Front commun syndical.

Plusieurs employés ont pénétré à l'intérieur de l'édifice à reculons pour signifier leur appui aux grévistes. La présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Lucie Martineau, se réjouit de cet appui.

« On aurait souhaité être tout le monde ensemble, mais peut-être la prochaine fois. Le SPGQ [Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec] est présentement en tournée pour avoir des mandats de grève. On est vraiment très contents de l'appui signifié en rentrant de reculons », dit-elle.

Les policiers sont aussi intervenus pour les mêmes raisons devant les bureaux du ministère des Affaires municipales dans le Vieux-Québec et au Complexe G.

Le premier ministre Philippe Couillard a réagi à cette grève tournante en lançant un appel aux dirigeants syndicaux. « Je pense que les manifestations sont légitimes, mais il faut laisser les gens circuler. Laissez les gens avoir accès aux édifices publics et c'est là que la patience de la population risque d'être mise à rude épreuve. Moi, je fais appel au sens des responsabilités des dirigeants syndicaux », a-t-il dit.

42 minutes de grève

Dans les cinq hôpitaux de la région, les moyens de pression ont commencé à minuit. Les services essentiels devaient être maintenus, mais les grévistes ont pu exercer 42 minutes de grève.

Maire-Josée Picard, présidente locale de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), tenait à ce que le message du personnel de la santé soit entendu.

« On a à cœur nos patients, mais le gouvernement essaie de plus en plus de diminuer nos conditions auprès de la clientèle. On aimerait rallier l'opinion publique. L'employeur nous met de plus en plus de pression pour prendre de plus en plus de patients », dit-elle.

Dans les hôpitaux, 90 % des services seront assurés.

Les écoles paralysées

Les enseignants des écoles primaires, des écoles secondaires et des cégeps de la région participaient aussi à ce mouvement de grève. Les parents d'élèves ont dû se rabattre sur un plan B, puisque les écoles et les services de garde étaient fermés pour la journée.

Des centaines d'enseignants se sont massés sur l'heure du midi devant les bureaux du ministre de l'Éducation pour faire entendre leur message. 

Des visions opposées

Selon Lucie Martineau, les moyens de pression amorcés par le Front commun sont nécessaires devant les offres du gouvernement qu'elle qualifie de « minables ». Les syndiqués sont prêts à négocier affirme le SFPQ, mais les pourparlers ont échoué jusqu'ici aux tables de négociation.

« Il n'y a rien actuellement qui est une avancée pour les travailleurs du secteur public. On n'appelle pas ça négocier », dit-elle. Des reculs sont observés notamment en éducation concernant la tâche des enseignants, mentionne-t-elle à titre d'exemple.

En entrevue à l'émission Première heure, à Québec, le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, s'est montré plus optimiste. Il affirme que les « échanges sont constructifs » et se dit « confiant » d'en arriver à une entente négociée.

M. Coiteux déplore par ailleurs le recours à la grève et insiste sur la nécessité d'aborder la négociation dans « une perspective d'avenir ».

« On ne va pas retourner en déficit budgétaire demain matin parce qu'on aura signé une convention collective qu'on n'est pas capable de payer. Et on ne va pas aller puiser davantage dans la poche des Québécois qui sont les plus taxés en Amérique du Nord », affirme Martin Coiteux.

Des journées de grève à venir

Les offres salariales du gouvernement libéral prévoient un gel salarial de deux ans et 1 % d'augmentation par année, pour les trois années suivantes. Une proposition inacceptable, pour le Front commun. La convention collective des employés de l'État est échue depuis le 31 mars 2015.

Plus de 125 000 travailleurs de l'État étaient en grève aujourd'hui dans la province dans différentes régions de l'Est du Québec.

Si les parties n'arrivent pas à s'entendre, les prochaines journées de grève sont prévues les 12 et 13 novembre dans la région de Québec. Au total, six jours de grève ont été ciblés.

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