La cryothérapie est un traitement thérapeutique où le corps est exposé à des températures extrêmes, pouvant descendre à -145 degrés Celsius. Ses défenseurs assurent qu'il permet de réduire les douleurs et l'inflammation liées aux blessures, mais cette technique contestée comporte aussi des risques.

Une déchirure de genou aurait pu menacer la carrière de l'athlète de Jiu Jitsu brésilien Tim Blanchard. Pour se soigner, ce dernier a essayé un traitement arrivé depuis peu à Calgary, la cryothérapie. « J’ai rapidement adopté la cryo après ma blessure. J'ai constaté que mon genou était capable de bien mieux récupérer et je n’ai pas eu besoin d'intervention chirurgicale, lance-t-il. Je pense que cela aide beaucoup à prévenir les blessures et à contrôler l'inflammation. »

Même LeBron James l’adopte

Cette technique est née au Japon dans les années 1970. Elle a été mise au point par le médecin Toshima Yamauchi comme moyen de soulager les douleurs articulaires de la polyarthrite rhumatoïde.

Elle s’est ensuite exportée en Europe et aux États-Unis vers 2011. La cryothérapie y a été popularisée par des personnalités connues comme le conférencier motivateur Tony Robbins et les actrices Mandy Moore et Lindsay Lohan, qui en parlent régulièrement dans les médias sociaux. Des athlètes professionnels comme le joueur de basketball LeBron James l’ont aussi adoptée.

« Des athlètes de ce niveau, ils savent ce qui fonctionne », déclare Jaipaul Dhaliwal, le propriétaire de la clinique N2 Cryotherapy, l'un des deux fournisseurs de cryothérapie à Calgary. Jaipaul Dhaliwal dit qu'il offre son service à des joueurs des Flames ou des Stampeders de Calgary, ainsi qu’à des athlètes olympiques.

Comment ça marche?

Contrairement aux traitements plus traditionnels, comme les bains de glace, la cryothérapie ne nécessite pas de longues périodes désagréables dans l’eau glacée. Selon ses défenseurs, un traitement de 3 ou 4 minutes suffit pour en tirer des bénéfices et réduire l’inflammation musculaire. Le client entre dans une grande cuve vêtu seulement de ses sous-vêtements, de chaussettes et de gants pour se protéger les extrémités.

Une fois la porte fermée, un élévateur soulève la personne pour s'assurer que la tête reste à la température ambiante. De la vapeur d'azote liquide est libérée dans l’espace, refroidissant la température en quelques minutes sans toucher la peau. Le corps entre en mode de survie et le sang se déplace vers les organes vitaux. Lorsque la température remonte, le sang retourne vers les extrémités, ce qui active la circulation sanguine et libère, selon les défendeurs de cette technique, des anti-inflammatoires et des antioxydants.

Ses adeptes jurent que la cryothérapie diminue la douleur et l’inflammation, et permet aussi de perdre du poids et d’augmenter la testostérone chez les hommes, réduisant ainsi les signes de vieillissement.

Peu de preuves scientifiques

Le propriétaire de la clinique N2 Cryotherapy de Calgary, Jaipaul Dhaliwal, dit qu’il existe plusieurs études démontrant les avantages du traitement. Une étude de l'Institut national du sport, de l’expertise et de la performance en France a rapporté en 2011 que le traitement était efficace pour réduire l'inflammation chez les athlètes d'endurance.

Toutefois, le détenteur de la Chaire de recherche du Canada en droit et politique de la santé de l'Université de l'Alberta est sceptique. Timothy Caulfield dit que les études qui ont été faites jusqu’à maintenant l'ont été sur de « très petits échantillons ou n'ont pas encore été reproduites par d'autres équipes de chercheurs ».

Mises en garde

Les régulateurs au Canada et aux États-Unis ne semblent pas convaincus non plus des avantages de la cryothérapie.

Santé Canada indique sur son site : « Le gouvernement fédéral n'a pas confirmé les allégations santé faites au sujet des appareils de cryothérapie parce qu'aucune demande d'homologation n'a été soumise à ce jour et que les données scientifiques n'ont pas été validées. » Un avis similaire a été publié en 2016 aux États-Unis.

En 2015, une femme est morte à Las Vegas alors qu’elle utilisait de l’équipement de cryothérapie par elle-même. Les enquêteurs ont déterminé que la mort de Chelsea Ake-Salvac, 24 ans, était due à une « erreur d'utilisation ».

En décembre de la même année, Santé Canada a publié un rappel et une alerte de sécurité, mettant en garde contre les « dispositifs médicaux sans licence Cryosaunas, importés illégalement au Canada et éventuellement liés à un décès aux États-Unis ».

Santé Canada met le public en garde contre les dangers d'engelures graves ainsi que les risques de lésions permanentes de la peau ou des muscles. Elle déconseille particulièrement le traitement aux personnes ayant des problèmes cardiaques.

Selon des informations de Monty Kruger

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