Retour

Guignolée : une récolte moins abondante que l'an dernier

Que ce soit devant les bureaux des médias, dans les stations de métro, aux grandes intersections ou dans des commerces, une armée de bénévoles épaulés par des vedettes du petit écran ou d'autres personnalités publiques sollicitent jeudi la générosité des Québécois à l'occasion de la 16e Grande guignolée des médias, organisée au profit des plus démunis.

À 16 h 45, un bilan d'étape laissait voir que les Québécois sont moins généreux cette année que l'an dernier. Les dons en argent totalisaient 217 500 $ (comparé à 251 000 $ l'an dernier à la même heure) et 2303 sacs d'épicerie avaient été recueillis (comparé à 3347 l'an dernier à la même heure).

La population est invitée à offrir des denrées non périssables - aliments en conserve, boîtes de céréales, sacs de pâtes alimentaires, produits d'hygiène, boîtes de mouchoirs, produits d'entretien ménager, médicaments d'utilisation courante, etc. - mais aussi des dons en argent.

« C'est 100 000 personnes de plus qui s'ajoutent cette année au dépannage alimentaire », souligne Zakary Rhissa, directeur général des Banques alimentaires du Québec. « Au Québec, c’est 400 000 personnes qui ont besoin d’une aide d’urgence pour pouvoir arrondir leurs fins de mois ».

La récolte effectuée aujourd'hui et jusqu'au 24 décembre, permettra non seulement d'offrir des paniers de Noël aux plus pauvres, mais aussi à regarnir les entrepôts des organismes qui leur viennent en aide à l'année longue.

Merci. C’est vraiment très apprécié. On collecte une journée, mais on donne toute l’année, tous les jours. Pour nous, c’est très important cette journée.

Zakary Rissa

M. Rissa invite tout un chacun à donner de l'argent sonnant et trébuchant. « Quand vous donnez de l’argent, c’est encore beaucoup plus simple pour nous, parce qu’on peut acheter ce qui nous manque », explique-t-il en entrevue au Réseau de l'information.

Les gens qui ont de la difficulté nous entourent. Faut juste ouvrir nos yeux, ouvrir notre cœur. Donnez le plus possible.

Réal Béland

Selon un sondage récemment publié par la firme Youri Rivest recherche et stratégie, plus d'un Québécois sur trois se trouve désormais en situation financière fragile et 36 % éprouvent de la difficulté à répondre à se nourrir, à se loger ou à se soigner.

Les multiples facettes de la pauvreté

L'objectif de cette grande opération, placée sous le thème « Le visage de la pauvreté change », est de récolter 3,1 millions de dollars, soit la même somme que l'an dernier. Depuis qu'elle a été instituée, en 2001, La grande guignolée des médias a permis de récolter des tonnes de denrées et plus de 30 millions de dollars.

Les porte-parole de cette édition sont l'auteure India Desjardins, l'animatrice France Castel, la chanteuse Ima, les comédiens Josée Deschênes, Jason Roy-Léveillée et Fanny Mallette, l'ex-athlète olympique Bruny Surin et les humoristes Phil Roy et Réal Béland.

C’est une cause qui me tient à cœur. Je connais ça. Je connais des gens qui sont dans le besoin. C’est pour ça qu’on est là.

Bruny Surin

En entrevue au Réseau de l'information, Fanny Mallette dit être « choquée, mais pas surprise » que plus d'un Québécois sur trois se retrouve dans une situation précaire. « Je le vois le coût de la vie qui augmente. Faire l’épicerie, ça coûte cher. Les fruits et légumes coûtent cher. L’essence, le loyer, les vêtements. »

Ce n’est pas surprenant, parce que les salaires ne suivent pas le cours du coût de la vie. Donc., la pauvreté touche de plus en plus de monde, et des gens près de nous, près de moi. C’est pour ça que je suis là aujourd’hui.

Fanny Mallette

Selon elle, près de la moitié des banques alimentaires ont manqué de denrées, l'an dernier. « Il y en a qui ont été obligés de refuser, de retourner des gens chez eux parce qu’elles n'en avaient pas assez », souligne la comédienne.

« On dit que le visage de la pauvreté change; moi, je trouve qu’il se multiplie », renchérit Phil Roy. « C’est faux de penser en 2016 que quelqu’un qui est pauvre, c’est quelqu’un qui vit dans la rue. Ça va plus loin que ça. »

Nous, on a la chance de ne pas se poser la question […] : "à Noël, qu’est-ce qu’il va y avoir comme bouffe sur la table?". Il y a des gens qui en ont une table, mais qui n’arrivent pas à mettre de la bouffe dessus. Aujourd’hui, c’est à ces gens-là qu’il faut penser.

Phil Roy

« L’an passé, ça a aidé 300 000 personnes », rappelle India Desjardins, auteure de la populaire série Le Journal d'Aurélie Laflamme. « Vos dons ont un effet concret sur de réelles personnes, qui en ont besoin. »

Plus d'articles

Commentaires