Retour

Guillaume Gélinas condamné à perpétuité pour les meurtres de son père et de sa belle-mère

Un ex-réserviste de 26 ans a écopé de l'emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 18 ans après avoir plaidé coupable pour les meurtres à glacer le sang de son père et de sa belle-mère, en 2014 à Terrebonne. Une peine dénoncée par la soeur d'une victime, lundi, au palais de justice de Joliette.

Un texte de Geneviève Garon

Petit, crâne rasé, visiblement plus musclé qu'à son entrée en prison il y a quatre ans, Guillaume Gélinas était calme et posé dans le box des accusés au moment de reconnaître avoir poignardé à mort son père, Luc Gélinas, et sa conjointe, Julie Lemieux, dans leur résidence, la nuit du 12 au 13 février 2014.

Près de lui, dans la première rangée de la salle d'audience, son frère jumeau, sa grande soeur et leur mère étaient présents pour le soutenir. Ils ont écouté les détails de ses crimes et les efforts pour le moins troublants que le jeune homme a déployés pour ne pas laisser de traces.

En 2014, Guillaume Gélinas était de retour au pays depuis environ trois ans après avoir effectué une mission de neuf mois en Afghanistan. Il étudiait à Laval pour devenir pompier, demeurait chez son père à Terrebonne, travaillait peu et cumulait les dettes.

Luc Gélinas, 54 ans, et Julie Lemieux, 35 ans, travaillaient comme cadres à la Société des alcools du Québec.

Déguisé pour assassiner

Dans la nuit du 12 au 13 février 2014, Guillaume Gélinas, 22 ans, aurait eu l'idée « de faire peur à son père », selon ses dires. Vêtu d'une cagoule, d'un masque, d'un imperméable, de gants et des bottes de son père, il s'est rendu à la porte de la chambre de ses victimes, un bâton rétractable entre les mains.

Selon sa version des faits, Luc Gélinas l'a reconnu et les deux hommes se sont chicanés. Le jeune homme a saisi un couteau de cuisine et a poignardé son père et sa conjointe Julie Lemieux à de multiples reprises.

« À la suite de de ses crimes, l'accusé se douchera, nettoiera la scène de crime, prendra 50 $ du porte-monnaie de son père, disposera de sacs à poubelles contenant notamment son déguisement souillé de sang dans une benne à ordure derrière un restaurant Tim Hortons à Terrebonne, pour finalement se rendre, à temps, à ses cours à l'IPIQ (Institut de protection contre les incendies du Québec), à Laval », a relaté le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Éric Côté.

Pendant la journée, Guillaume Gélinas a envoyé un message texte à son père pour lui souhaiter bonne fête en plus de lui écrire un message sur sa page Facebook.

En fin de journée, il a été arrêté par la police en route vers l'Outaouais où il allait rejoindre sa petite amie et a confessé les meurtres. En plaidant coupable à des accusations réduites de meurtres non prémédités lundi, Guillaume Gélinas a mis fin aux procédures judiciaires, alors que devait s'ouvrir son procès de six semaines pour meurtres au premier degré.

« C'est choquant de voir cela »

« Je suis profondément déçue de la finalité de cette cause », a déclaré la soeur de Julie Lemieux, Annie, en prenant la parole devant le tribunal.

Elle a déploré que les avocats se soient entendus pour réduire la gravité des chefs d'accusation afin que l'accusé plaide coupable.

Guillaume Gélinas a automatiquement écopé de l'emprisonnement à vie. Le juge Michel Penou a entériné la suggestion commune des parties et condamné le jeune homme à passer au moins 18 ans derrière les barreaux avant de pouvoir demander une libération conditionnelle.

Puisqu'il est détenu depuis son arrestation, il sera admissible à l'âge de 40 ans. S'il avait été reconnu coupable de deux meurtres prémédités, la période d'inadmissibilité à la libération conditionnelle aurait pu s'élever à 50 ans.

Marqué par sa mission militaire

Guillaume Gélinas a été marqué par des expériences difficiles en Afghanistan, a raconté son avocat, Marc Labelle : un de ses amis a notamment subi de graves blessures après l'explosion d'une grenade.

Aucune mention d'un choc post-traumatique n'a toutefois été faite par la défense.

Avant de reprendre le chemin de la détention, Guillaume Gélinas a présenté ses excuses aux proches des victimes.

Plus d'articles