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Guy Ouellette dit que l'UPAC cherche à le « museler »

Dans une entrevue accordée vendredi dernier au 98,5 FM, le député de Chomedey Guy Ouellette soutient que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) a cherché à le « museler » en l'arrêtant la semaine dernière, dans le cadre d'une enquête sur de possibles infractions d'abus de confiance et d'entrave à la justice.

« Les événements de cette semaine m'amènent à penser que l’UPAC va tout faire pour me museler, museler un parlementaire, suite aux événements de cette semaine, pour que je ne puisse pas donner ma version, ou informer la population de toutes les manœuvres d’intimidation qui ont cours présentement par cette même unité », a-t-il indiqué lors de cette entrevue accordée à Bernard Drainville.

Selon l’animateur et ex-député, M. Ouellette et une ex-analyste du ministère des Transports, Annie Trudel, lui ont parlé vendredi dans les locaux du diffuseur Cogeco, où ils s'étaient réfugiés; ils ont raconté faire l’objet d’une filature policière, une information également diffusée lundi matin par le bureau d’enquête de Québecor Media.

Selon ce qu’a déclaré Mme Trudel à ce bureau d’enquête, Guy Ouellette s’apprêtait à dévoiler un stratagème malhonnête impliquant l’UPAC, l’Autorité des marchés financiers (AMF) et une firme de consultants dans le cadre du processus de certification que pilote l’AMF pour autoriser des firmes à soumissionner pour les plus importants contrats publics.

Mme Trudel, qui soutient aussi avoir été arrêtée pendant quelques minutes la semaine dernière, laisse entendre que l'AMF invite les entreprises à s'adresser à la firme de consultants en question, et que cela entraînerait des dépenses imprévues. Cela pourrait constituer de la collusion, affirme-t-elle, mais sans apporter de preuves tangibles de ce qu'elle avance, du moins publiquement.

Les allégations de Mme Trudel n'ont pas été vérifiées par Radio-Canada. Des démarches sont en cours auprès de l'AMF et de l'UPAC.

Selon nos informations, M. Ouellette avait l’intention d’interroger les responsables de l’AMF à ce sujet lors de leur passage devant la commission des institutions de l’Assemblée nationale cette semaine. Il aurait alors pu profiter de l’immunité dont jouissent les parlementaires.

M. Ouellette présidait la commission des institutions jusqu’à ce qu’il quitte le caucus libéral la semaine dernière, dans la foulée de son arrestation.

La Loi sur les contrats des organismes publics, adoptée dans la foulée des révélations entendues à la commission Charbonneau, oblige toutes les entreprises qui veulent décrocher des contrats publics dépassant un certain seuil à obtenir une autorisation de l’AMF au préalable.

Cette certification est nécessaire pour tout contrat ou sous-contrat du gouvernement du Québec qui 1 million de dollars, ou 5 millions, si le projet est mené en vertu d’un partenariat public-privé. Il en va de même pour les entreprises qui souhaitent obtenir un contrat de plus de 100 000 $, ou un sous-contrat de plus de 25 000 $, pour des travaux de voierie, d’aqueduc ou d’égout de la Ville de Montréal.

Plus de détails à venir.

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