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Guy Turcotte en appel : « les pires crimes qu'une personne puisse commettre », insiste la Couronne

L'ex-cardiologue Guy Turcotte savait ce qu'il faisait lorsqu'il a poignardé ses deux enfants dans leur lit à 46 reprises, le 20 février 2009, à Piedmont. Sa peine de 17 ans de détention avant toute possibilité de libération conditionnelle est pleinement justifiée, insiste le ministère public, dans son mémoire déposé cette semaine à la Cour d'appel et dont Radio-Canada a obtenu copie.

Un texte de Geneviève Garon

« Le trouble d'adaptation dont il était atteint le rendait tout de même responsable des crimes qu'il a commis parce qu'il était conscient et en contact avec la réalité lorsqu'il a tué ses deux enfants », conclut le procureur aux poursuites criminelles et pénales René Verret. Il réfute par écrit les arguments avancés par les avocats de Guy Turcotte, dans leur appel pour lui obtenir une peine plus clémente.

Le détenu de 45 ans affirme qu'il souffrait d'une maladie mentale et était suicidaire au moment des meurtres, ce qui devrait lui valoir d'être admissible à la libération conditionnelle plus tôt.

Mais la poursuite insiste : en pleine séparation d'avec la mère de ses enfants, Guy Turcotte souffrait certes de tristesse, de colère, de stress, mais il n'était pas délirant et savait qu'il faisait mal à Anne-Sophie, 3 ans, et Olivier, 5 ans.

Me Verret souligne les témoignages de la psychiatre France Proulx et de l'expert de la défense, le Dr Louis Morrissette, qui ont expliqué que le trouble de l'adaptation diagnostiqué chez Guy Turcotte « n'entraîne pas de perte de contact avec la réalité ».

La peine reflète la gravité des crimes

Le ministère public estime aussi que le tribunal devait tenir compte des circonstances exceptionnelles des crimes et de la réprobation sociale qu'ils ont suscitée.

Dans leur mémoire d'appel, les avocats de Guy Turcotte allèguent qu'une période d'inadmissibilité à la libération conditionnelle de plus de 15 ans devrait être seulement pour les criminels les plus dangereux, alors que l'ex-cardiologue représente un faible risque de récidive.

En réponse à cela, Me Verret insiste sur l'acharnement du père de famille à tuer ses enfants et le fait qu'il est retourné dans leur chambre pour les poignarder à nouveau. « Les sept plaies de défense aux mains d'Olivier démontrent qu'il a tenté de se défendre », note-t-il.

Lors de son procès, Guy Turcotte a raconté avoir bu du méthanol le soir des meurtres et avoir décidé d'emmener ses enfants avec lui dans la mort pour éviter qu'ils ne trouvent son corps. En rejetant sa défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux, le jury a écarté cette version des faits, croit Me Verret.

Une audience sera éventuellement fixée devant la Cour d'appel pour entendre l'affaire sur le fond.

Guy Turcotte a abandonné son appel du verdict de culpabilité.

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