Gymnastique Canada a suspendu l'entraîneur Michel Arsenault à la suite de la diffusion du reportage de Radio-Canada Sports sur des allégations d'agressions sexuelles formulées à son endroit.

« Nous sommes de tout cœur avec toutes les personnes affectées par cette situation, particulièrement les athlètes et les membres de leur famille, a déclaré Richard Crépin, président du Conseil d’administration de Gymnastique Canada. Aucun athlète ne devrait faire les frais de tels comportements, et nous travaillons sans relâche afin de nous assurer que tous nos pratiquants sont en mesure de prendre part à notre sport dans un environnement sécuritaire et accueillant. »

« Gymnastique Canada s’est engagé à offrir un environnement sécuritaire pour la pratique de notre sport, a ajouté Peter Nicol, président-directeur général de Gymnastique Canada. Nous prenons au sérieux la sécurité et le bien-être de nos pratiquants et en faisons une priorité absolue dans notre approche de gestion des risques. »

En 1987, la fédération québécoise avait décidé de suspendre M. Arsenault de toute compétition en raison d'un trouble de comportement envers les entraîneurs et les officiels. Le directeur général de Gymnastique Québec, Serge Castonguay, avoue qu'il n'était pas au courant des allégations « à caractère sexuel ». Il affirme que la fédération de l'Alberta avait communiqué avec celle du Québec à l'époque, alors qu'il n'était pas encore en poste.

Le président-directeur général de Gymnastique Canada, Peter Nicol, soutient qu'il ne savait pas que Michel Arsenault avait été suspendu par Gymnastique Québec il y a 30 ans.

« Je savais qu’il était parti du Québec pour aller en Alberta il y a quelques années, mais je n’avais aucun détail là-dessus », a-t-il admis.

M. Nicol estime que « cette conduite est inacceptable » et il espère que ça se rende en justice.

« On peut regarder dans le passé, mais c'est plutôt vers l'avant qu'on a besoin de regarder. Pour s’assurer que ça n’arrive plus. »

Le gouvernement fédéral réagit

Les allégations se sont rendues jusqu'aux oreilles du secrétaire parlementaire pour les Sports et les Personnes handicapées, Stéphane Lauzon. Il a tenu à rappeler l'importance de sortir de l'ombre.

« On profite d’une vague, une occasion qui est faite. J’invite toutes les jeunes femmes, les jeunes hommes, les sportifs, tous ceux qui sont en action, de sortir, et de dénoncer. Il faut dénoncer ces gens-là qui font de l’abus... et la justice suivra son cours. »

L’ancien club montréalais de Michel Arsenault s'en dissocie

Le Flipgym, ancien club d'Arsenault à Montréal, a affirmé vouloir se dissocier des événements et réaffirmer que la sécurité physique et psychologique de sa clientèle demeure sa priorité.

« Flipgym tient en effet à rassurer les gymnastes, leurs parents et la communauté montréalaise quant à la sécurité des jeunes et à la sélection rigoureuse des entraîneurs », peut-on lire dans le communiqué.

Le président du Conseil d’administration du Flipgym, Stéphane Gladu, soutient que depuis le milieu des années 1990, le club procède systématiquement à une vérification des antécédents judiciaires au moment de l’embauche de chacun de ses employés.

Par ailleurs, chaque employé doit signer un code d’éthique et s’engager à le respecter.

« Flipgym condamne sévèrement ces gestes inacceptables, surtout lorsqu’une personne est en situation d’autorité comme un entraîneur de gymnastique peut l’être. »

En 1993, Michel Arsenault avait été congédié par le club. Les raisons de son congédiement invoquées alors par le président du Conseil d’administration de l’époque, Serge Jeudy, étaient la brutalité, la violence, les insultes, les moqueries, le dénigrement et l'humiliation physique.

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