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Haïti : l'aide arrive, les défis sont colossaux

Une semaine après le passage dévastateur de l'ouragan Matthew sur Haïti, l'aide internationale commence à arriver, mais l'ampleur des dégâts et les besoins croissants des sinistrés laissent présager un travail de longue haleine pour venir en aide à un pays meurtri.

Les ravages de la catastrophe naturelle sont stupéfiants. Notre envoyé spécial en Haïti, Frédéric Nicoloff, parle d'une « impression de stupeur » après avoir parcouru quelques kilomètres en sol haïtien.

Dans la région des Cayes, particulièrement malmenée par l'ouragan, la désolation est partout. Cette localité du sud-ouest du pays, densément boisée, est dévastée. Les plantations de mangue et les autres cultures ont été anéanties en grande partie.

« Nous ne disposons pas de chiffres exacts, mais il semble qu'entre 60 et 80 % des cultures ont été perdues », affirme Yvonne Helle, directrice principale du Programme des Nations unies pour le développement en Haïti.

Convois humanitaires attaqués

Aux ravages laissés par Matthew s'ajoutent la débandade et la grogne d'une population livrée à elle-même et échaudée par les tragédies passées.

Le directeur du Programme alimentaire mondial (PAM) en Haïti signale plusieurs attaques contre les convois humanitaires, dont certains sont bloqués ou pillés. Ces incidents ont pour conséquence de ralentir l'acheminement de l'aide vers les régions les plus touchées. La colère fuse déjà de certaines localités enclavées.

« Cela va retarder tout notre effort d'amener les aliments à la population, ou sinon, on doit prendre des moyens beaucoup trop chers, par hélicoptère, et on n'arrivera pas à transporter les mêmes quantités pour les mêmes endroits », affirme Carlos Veloso, directeur du PAM en Haïti.

La situation rappelle le fiasco qui a prévalu au lendemain du séisme en 2010 et que les familles sinistrées par l'ouragan ne veulent pas revivre.

Plus de 750 000 personnes ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence, selon les estimations encore partielles du PAM. Il faudra 45 millions de dollars pour répondre à leurs besoins en nourriture.

« On ne doit pas seulement penser à donner à manger, mais aussi penser à donner les semences et les outils pour profiter de la prochaine saison de plantation, en novembre, pour faire la récolte en février », souligne Carlos Veloso.

« Je pense que la communauté internationale doit comprendre ça parce que, si c'est l'aide seulement pour l'aide, cela va continuer et les gens ne deviendront pas autosuffisants », ajoute-t-il.

Avec les informations de Frédéric Nicoloff

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