Retour

Haïti : la victoire de Jovenel Moïse confirmée malgré certaines « irrégularités »

Le Conseil électoral provisoire et le tribunal électoral en Haïti ont confirmé mardi l'élection de Jovenel Moïse à la présidence du pays. L'homme d'affaires de 48 ans doit être assermenté le 7 février.

Après s'être penchés sur 12 % des votes exprimés lors de l'élection du 20 novembre, les juges du tribunal électoral haïtien ont conclu que le scrutin avait bel et bien été entaché de quelques irrégularités. Ils n'ont cependant détecté « aucune fraude massive », contrairement aux prétentions de certains de ses adversaires.

Le Conseil électoral provisoire a également appuyé la décision du tribunal, selon un communiqué publié sur le site du conseil.

M. Moïse, un entrepreneur agricole originaire du nord du pays, briguait les suffrages sous la bannière du Parti haïtien Tet Kale (PHTK) du président sortant Michel Martelly. Néophyte en politique, il a devancé ses 26 rivaux dès le premier tour avec plus de 55 % des voix, malgré un taux de participation de seulement 21 %.

Deuxième, l'ingénieur Jude Célestin, de la Ligue alternative pour le progrès et l'émancipation haïtienne, est crédité de 19 %.

Les résultats définitifs publiés mardi octroient au troisième et quatrième candidats, Moïse Jean-Charles du parti Pitit Dessalines, 11,04 %, et Maryse Narcisse du parti Fanmin Lavalas 9,01 %.

Le dauphin de M. Martelly avait remporté le plus grand nombre de votes lors du premier tour de l'élection présidentielle organisée en octobre 2015, mais le deuxième tour avait été annulé en raison de multiples problèmes. La commission électorale avait finalement ordonné que l'élection présidentielle soit reprise en entier.

Pour éviter une vacance du pouvoir, les parlementaires haïtiens avaient élu Jocelerme Privert à titre de président par intérim en février 2016.

Le président élu aura fort à faire pour améliorer la situation des quelque 11 millions d'Haïtiens. La Perle des Antilles pointe au 163e rang de l'Indice de développement humain des Nations unies, qui compte 188 pays.

Depuis des mois, l'instabilité politique paralyse le développement économique du pays, où plus de 60 % des habitants survivent avec moins de deux dollars par jour: la dette haïtienne s'élève aujourd'hui à plus de 2 milliards de dollars et, faute d'investissements publics comme privés, la croissance ne devrait être que de 1 % en 2017.

Près de sept ans après le séisme qui a tué plus de 200 000 personnes en janvier 2010, 55 000 Haïtiens vivent toujours dans des camps de fortune, selon l'Organisation internationale des migrations.

Haïti est actuellement aux prises avec une épidémie de choléra, qui a jusqu'à maintenant touché 800 000 personnes, dont 10 000 sont mortes, selon des données publiées cet été par l'Organisation mondiale de la santé.

La maladie a été importée par des Casques bleus népalais venus aider le pays à se relever du tremblement de terre du 12 janvier 2010.

Le pays a aussi été touché cet automne par l'ouragan Matthew, qui a fait des centaines de victimes et détruit des milliers de maisons ainsi que des récoltes.

Selon l'UNICEF, deux millions de personnes ont été touchées d'une manière ou d'une autre par cette catastrophe naturelle, et 1,4 million d'entre elles, dont 600 000 enfants, ont besoin d'une aide humanitaire.

Plus d'articles

Commentaires