La Ville d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, a présenté des excuses aux Acadiens et a célébré la culture acadienne et francophone vendredi.

La Ville a présenté des excuses pour les années durant lesquelles les francophones ont payé une surtaxe scolaire dont le produit était en totalité reversé aux écoles anglophones.

Le maire d'Halifax, Mike Savage, a reconnu que la municipalité a causé des torts aux francophones, avant 2006, en négligeant de fournir des fonds supplémentaires pour l'éducation aux écoles relevant de la juridiction du Conseil Scolaire acadien Provincial.

« La municipalité n'avait pas fourni un financement équitable aux écoles francophones et aux jeunes qui fréquentaient ces écoles. C'était une erreur, et pour ceci j'en suis désolé », a M. Savage.

Le maire Savage a annoncé que la municipalité a signé une entente avec Lucien Comeau, un parent acadien qui avait déposé une plainte en matière de droits de la personne en 2003 concernant l'absence de financement supplémentaire dédié à l'éducation pour le Conseil scolaire acadien provincial dans la région d'Halifax.

Dans sa plainte initiale, M. Comeau faisait remarquer qu'une de ses questions fondamentales concernait la relation entre la municipalité et la communauté acadienne. Il soulevait, par exemple, que les intérêts des Acadiens n'étaient pas représentés adéquatement au sein du gouvernement municipal.

Pour répondre à ses préoccupations, la municipalité a donc créé un comité paritaire composé d'employés francophones et M. Comeau pour qu'il présente des solutions afin d'améliorer la relation avec la communauté francophone et acadienne.

Le comité paritaire avait pour mandat de développer une stratégie réparatrice afin de réponde aux questions soulevées dans la plainte de M. Comeau. L'entente annoncée vendredi est issue des recommandations du comité.

Le tout s'est déroulé pendant lacérémonie de levée du drapeau au Grand Parade, devant l'Hôtel de Ville, en prévision de la Fête Nationale des Acadiens, le 15 août.

Une longue lutte

Près de 20ans et une poursuite devant les tribunaux ont été nécessaires avant que la municipalité et la province remettent aux écoles françaises leur part de cette surtaxe que payaient tous les propriétaires fonciers.

Les trois écoles homogènes françaises de la région métropolitaine d'Halifax se sont partagées un premier chèque de 568400$ en 2007. Il a été divisé au prorata du nombre d'élèves inscrit dans chaque école.

Lucien Comeau alléguait à la Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse que des fonds recueillis par la municipalité des contribuables pour des programmes de musique et d'arts n'étaient donnés qu'aux écoles anglophones administrées par le Halifax Regional School Board. Le Conseil scolaire acadien provincial est le conseil responsable des écoles francophones dans la région d'Halifax.

Aujourd'hui, M. Comeau se dit soulagé du dénouement de l'affaire. 

« J'aimerais remercier le maire Mike Savage et le conseil régional pour reconnaître les torts causés aux Acadiens et aux élèves francophones dans la municipalité avant 2006. Cette reconnaissance est importante pour ma famille et ma communauté afin d'assurer un sens d'appartenance et d'inclusion dans la région d'Halifax », a déclaré M. Comeau.

La municipalité et M. Comeau ont conclu une entente dans le processus d'une approche réparatrice avec la commission d'enquête de la Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse.

Communiqué de la Municipalité régionale d'Halifax au sujet de l'entente réparatrice :

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