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Halifax voile la statue du controversé Edward Cornwallis

La Municipalité d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, a recouvert d'un voile noir, samedi, la statue d'Edward Cornwallis devant des manifestants qui réclament son déboulonnage.

Environ 150 manifestants se sont rassemblés dans un parc du centre-ville dans le but de retirer pacifiquement la statue, samedi midi. D'autres manifestants qui s'opposent à ce projet ont quant à eux tenté de les dissuader d'agir.

Entre-temps, une équipe des services municipaux est arrivée sur place et a voilé la statue. Un employé a affirmé que c'était un geste de bonne volonté de la part des autorités municipales.

Edward Cornwallis, qui a fondé Halifax en 1749, est un personnage controversé parce qu’il avait offert une prime à quiconque lui ramènerait un scalp de Micmac, homme, femme ou enfant. Il avait aussi pris la décision de déporter les Acadiens. Cette opération a commencé en 1755, tandis que Charles Lawrence était gouverneur.

L’une des organisatrices de la manifestation a expliqué qu’elle voulait renverser la statue, comme l’avait été celle de Saddam Hussein en Irak, mais que des chefs autochtones ont demandé de ne pas le faire. S'adressant à la foule, elle a ajouté que son groupe agira respectueusement un autre jour pour démontrer qu'il veut la paix.

Des chefs autochtones et le maire ont demandé aux manifestants, ces derniers jours, de ne pas retirer la statue de bronze de son socle. Le maire, Mike Savage, a promis de créer d'ici septembre un groupe de travail pour examiner l'utilisation du nom de Cornwallis sur les propriétés municipales.

Le délai demandé par l'hôtel de ville est toutefois trop long pour Suzanne Patles, qui a créé une page Facebook invitant la population à retirer pacifiquement la statue. « Beaucoup de groupes de suprématistes blancs s'appuient sur les principes de Cornwallis pour nourrir leur haine des Premières Nations », a-t-elle déclaré plus tôt cette semaine.

Selon Daniel Arnot, un manifestant, le retrait de la statue démontrerait un appui à la réconciliation avec les Autochtones. Il dit que certaines personnes devraient s’ouvrir les yeux et écouter les manifestants qui demandent le retrait d’un « hommage disgracieux et offensant à l’histoire coloniale ».

Patrick LeBlanc, un Autochtone de Digby, affirme que la statue est un symbole d’oppression des peuples autochtones au Canada. Edward Cornwallis représente un génocide, dit-il, et voir sa statue éveille des souvenirs et de la douleur. Selon lui, il ne suffit pas de voiler la statue, il faut la remplacer par quelque chose représentant la restitution et la guérison.

Selon le maire Savage, la statue pourrait être retirée de son piédestal ou déplacée ailleurs dans la ville.

C'est devant cette même statue d'Edward Cornwallis que cinq militaires canadiens s'identifiant comme des Proud Boys, un mouvement de soi-disant « chauvinistes occidentaux », ont perturbé une manifestation de militants autochtones, le 1er juillet. Les Forces canadiennes ont depuis ces faits suspendu les cinq individus pour la durée d'une enquête sur leurs gestes.

Avec des renseignements de Paul Légère, Carolyn Ray et Steve Berry

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