Refusant de commenter l'hypothèse d'un gouvernement minoritaire qu'accréditent les sondages, le chef conservateur, Stephen Harper, fait peu de cas du message très clair qu'envoient les autres formations : pas question de collaborer avec lui.

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

À six jours du scrutin, M. Harper n'a pas indiqué ce qu'il ferait s'il se retrouvait à la tête d'un gouvernement minoritaire qui ne pourrait compter sur l'appui d'aucune formation.

« Je ne vais pas spéculer sur des résultats, je suis ici pour prôner l'élection d'un gouvernement conservateur et le choix est fondamental », a-t-il répondu aux questions des journalistes à un événement de campagne, mardi, à Etobicoke.

« C'est le choix entre notre parti ou, franchement, tous les autres partis, qui ont plus ou moins la même approche », a argué M. Harper.

Les conservateurs ont en revanche « un plan abordable » qui repose sur des budgets équilibrés, des baisses d'impôts, des investissements et « plus de bénéfices pour les familles », a-t-il poursuivi. Une approche « qui va continuer à créer des emplois », a-t-il assuré.

Comme il l'avait fait la veille, le chef conservateur a d'ailleurs soulevé le « risque » que couraient les Canadiens s'ils optaient pour « les hausses d'impôt libérales », répétant qu'ils auraient « moins d'argent dans leurs poches ».

Cette fois-ci, il a principalement ciblé les petites entreprises et leurs employés. Dans une mise en scène identique à celle de lundi, le propriétaire d'une petite entreprise a jeté un à un des billets de banque sur une table, au son d'une caisse enregistreuse.

Interrogé sur le plaidoyer adressé la veille aux partisans conservateurs par son adversaire libéral, Justin Trudeau, Stephen Harper a par ailleurs affirmé qu'ils n'allaient pas « être d'accord une seule minute avec l'idée » d'une « frénésie de dépenses de 150 milliards de dollars ».

L'ancien maire de Toronto Rob Ford et son frère Doug, ancien conseiller municipal et candidat défait à la mairie de la Ville Reine, se trouvaient dans les premières rangées de la foule de partisans conservateurs.

Les autres partis rejettent toute collaboration avec les conservateurs

De passage à Toronto, le chef libéral a balayé d'un revers de main le scénario en vertu duquel son parti appuierait un éventuel gouvernement conservateur minoritaire ou même s'abstiendrait de voter lors du discours du Trône.

« Je me suis lancé en politique parce que j'étais en désaccord avec la vision de Stephen Harper pour ce pays, a-t-il soutenu. Sous aucun prétexte, je ne pourrais l'appuyer ou me placer à l'écart pour lui permettre d'être premier ministre », a-t-il déclaré.

Le chef néo-démocrate a donné le même son de cloche, imputant au premier ministre sortant un bilan catastrophique en matière d'emploi, d'environnement et d'égalités sociales. Il lui a du même souffle reproché d'avoir mené une campagne au cours de laquelle il a cherché à « diviser les Canadiens ».

« Moi, je dis très sincèrement que cet homme-là, son temps est révolu, a-t-il affirmé au cours d'un arrêt de campagne à Oshawa, en Ontario. Il est temps de mettre Stephen Harper à la porte et, oui, je vais le faire à la première occasion. »

« [Justin Trudeau] a dit qu'il n'appuierait pas M. Harper pour former un gouvernement si ce dernier était minoritaire. M. Mulcair a dit la même chose et moi aussi », a pour sa part résumé le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, qui faisait campagne à Granby.

« Donc, c'est clair que M. Harper ne sera pas premier ministre même s'il finissait premier dans le cadre d'un gouvernement minoritaire », a-t-il lancé.

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