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Harper ne bronche pas devant les forts mouvements boursiers

Le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, continue de se présenter comme une police d'assurance face à l'instabilité économique mondiale, très visible lundi matin avec d'importants reculs boursiers.

Lors d'un événement à saveur économique tenu à Drummondville, dans le Centre-du-Québec, M. Harper a reconnu la « contraction » et les « problèmes particuliers » que vit actuellement le secteur énergétique, mais a soutenu que l'économie canadienne demeure stable et que « les opportunités à long terme restent bonnes ».

Stephen Harper a maintenu cette ligne lorsqu'un journaliste lui a rappelé des propos tenus lors de la campagne de 2008, en pleine crise économique, voulant que la baisse des marchés puisse représenter une « occasion d'achats ». « Les plus importants défis de ce pays sont économiques, parce que nous vivons dans une économie mondiale instable, a répondu M. Harper. Qu'avons-nous fait pour ça? Nous nous sommes assurés de faire des investissements à long terme. »

Le chef conservateur a identifié six piliers des actions de son gouvernement en matière économique, soit les taxes et les impôts bas, la formation, les liens commerciaux, l'innovation, l'immigration et, surtout, le programme d'investissements en infrastructures, qu'il a décrit comme « le plus long et le plus important de l'histoire du pays ».

Stephen Harper a opposé cette approche à celle qu'il accuse ses adversaires de prôner, qu'il a qualifiée de « ridicule » et « très dangereuse ». « L'alternative proposée dans une telle période d'instabilité par les partis d'opposition est une augmentation permanente, par des dizaines de milliards de dollars, des dépenses fédérales, financées par des déficits permanents et par des hausses de taxes sur tout, pour des employeurs et des travailleurs », a lancé le chef conservateur.

« Avec notre gouvernement conservateur et notre plan basé sur des taxes et des impôts bas, le Canada a une performance supérieure aux autres pays », a ajouté M. Harper. Il a de nouveau insisté sur le budget équilibré déposé par les conservateurs, en avril dernier, même si les surplus annoncés sont en voie de se transformer en déficit, selon une évaluation faite en juillet par le directeur parlementaire du budget, notamment en raison du bas prix du pétrole.

Avec un PIB en baisse pendant cinq mois consécutifs, le Canada pourrait se retrouver théoriquement en récession lorsque les données du mois de juin seront connues. Des analystes ont toutefois évoqué une récession « ciblée », ce qui rejoint l'analyse de la Banque du Canada, de nouveau citée par Stephen Harper, voulant que la baisse observée pour le pétrole et le gaz soit contrebalancée par des « tendances positives » dans d'autres secteurs.

Trudeau et Mulcair accusent Harper de ne compter que sur le pétrole

De Belleville, en Ontario, le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a rappelé l'impact de la situation mondiale sur un « pays commerçant » comme le Canada. M. Trudeau a remis en question l'approche de son adversaire conservateur.

« La question est de savoir comment on y fait face. Met-on tous nos œufs dans le même panier en espérant que les prix du pétrole rebondissent, comme ça semble être le cas pour M. Harper? Ou bien est-ce qu'on se remet à investir dans ce qui a toujours été la force de l'économie canadienne, les gens? », a demandé le chef libéral.

À Toronto, le chef du Nouveau Parti démocratique avait une analyse semblable. « M. Harper a tout misé sur l'extraction des ressources naturelles, notamment le gaz et le pétrole. Avec le fléchissement des prix, c'était prévisible. Mais vous savez ce qui est autrement prévisible? C'est qu'il y a une tendance à la hausse et à la baisse de ces prix-là », a déclaré Thomas Mulcair, réitérant sa promesse d'être le « champion du secteur manufacturier », notamment en réduisant l'impôt des PME.

Drummond, cible des conservateurs

La présence de Stephen Harper dans la circonscription de Drummond, dans le Centre-du-Québec, n'est pas un hasard, puisque les conservateurs y ont une candidate bien connue du public, l'ex-journaliste du réseau TVA Pascale Déry.

La pente à remonter y est toutefois abrupte, puisque le député sortant, le néo-démocrate François Choquette, l'avait emporté avec plus de la moitié des voix en 2011, loin devant le Bloc québécois, qui avait récolté le cinquième des appuis. Le parti souverainiste sera représenté cette fois par Diane Bourgeois, tandis que le candidat libéral sera Pierre Côté.

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