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Harper ne gouvernera pas s'il est minoritaire, estime Duceppe

Gilles Duceppe affirme que Stephen Harper ne gouvernera pas même s'il est élu minoritaire, mais il suggère tout de même de changer les règles parlementaires pour rendre plus démocratique le fonctionnement du gouvernement dans un tel contexte.

De passage à Granby, en Montérégie, mardi matin, le chef bloquiste a pris acte des propos de son adversaire libéral, Justin Trudeau, qui a affirmé qu'il voterait contre Stephen Harper à la première occasion.

« Il dit qu'il n'appuiera pas M. Harper pour former un gouvernement si ce dernier est minoritaire; M. Mulcair a dit la même chose et moi aussi. Donc, c'est clair que M. Harper ne sera pas premier ministre même s'il finissait premier dans le cadre d'un gouvernement minoritaire », a-t-il tranché devant quelque 70 militants entassés dans le minuscule local du candidat bloquiste de Shefford, Jocelyn Beaudoin.

Ironiquement, le chef bloquiste venait tout juste d'annoncer qu'il proposerait un changement des règles parlementaires « pour éviter les psychodrames périodiques à chaque vote, ou des élections précipitées ».

M. Duceppe entend suggérer une modification des règles qui font en sorte que certains votes deviennent automatiquement des votes de confiance et, donc, susceptibles de défaire un gouvernement minoritaire, en demandant que le Parlement décide plutôt à la pièce si un vote met en cause la confiance envers le gouvernement ou non.

« Si le gouvernement n'obtient pas l'appui de la majorité des députés, son projet de loi sera défait sans que le gouvernement ne soit renversé et que des élections soient déclenchées, à moins bien sûr, que la Chambre en décide autrement », a-t-il dit.

Par ailleurs, il entend également proposer un amendement à la loi électorale pour limiter à 49 jours la durée d'une campagne et réduire le plafond des dépenses des partis politiques admissibles à un remboursement, qualifiant de « nettement excessif » le fardeau imposé aux contribuables par l'actuelle campagne de 78 jours.

« Stephen Harper a pris une décision qui va coûter au moins 100 millions de dollars de plus. J'invite les électeurs à s'en rappeler et à lui en faire payer le prix politique », a-t-il dit.

M. Duceppe a aussi invité les chefs des autres formations politiques à appuyer une telle demande.

La Loi électorale prévoit un minimum de 36 jours de campagne, mais pas de durée maximale, ce qui a permis au gouvernement conservateur de déclencher la plus longue campagne de l'histoire canadienne.

Selon Gilles Duceppe, le maximum de 49 jours permettrait de tenir l'élection un lundi, comme le prévoit la loi.

Le chef bloquiste entend maintenir un rythme intensif d'ici la fin de la campagne et prévoit visiter la totalité des régions du Québec en 72 heures à compter de vendredi.

Il n'a pas manqué de lancer une flèche bien sentie à l'endroit de ses trois adversaires, Stephen Harper, Justin Trudeau et Thomas Mulcair, qui concentrent leurs efforts en Ontario, où l'élection pourrait se jouer le soir du 19 octobre.

« Qu'ils se battent pour l'Ontario; moi je me bats pour le Québec. Ce n'est rien de nouveau qu'ils se battent pour l'Ontario et ce n'est rien de nouveau qu'on se batte pour le Québec », a-t-il dit.

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