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Harper refuse de commenter les révélations sur le rôle de son chef de cabinet dans l'affaire Duffy

Malgré les nouvelles révélations concernant l'implication de son chef de cabinet Ray Novak dans le scandale entourant les dépenses controversées de Mike Duffy, Stephen Harper persiste et signe : il assure qu'il n'a appris qu'en mai 2013 que son chef de cabinet de l'époque, Nigel Wright, avait versé 90 000 $ au sénateur Duffy pour qu'il rembourse ses dépenses litigieuses, et qu'il a agi dès qu'il l'a appris.

Interrogé quatre fois plutôt qu'une au sujet du rôle de M. Novak, lors d'un point de presse organisé à London, le chef conservateur a répondu qu'il « n'allait certainement pas commenter une affaire qui est toujours devant les tribunaux », avant de répéter inlassablement ce qu'il affirme depuis que cette affaire a fait de nouveau irruption dans la campagne électorale.

« J'ai demandé à M. Duffy de rembourser les contribuables pour ses dépenses qui, à mon avis [ne peuvent pas être] justifiées. M. Duffy a refusé de faire ça. Pour cette raison, il a été tenu responsable. M. Wright a payé les contribuables au lieu. Mais c'était sa décision et ça a aidé M. Duffy à ne pas rembourser ses dépenses. Et pour cette raison, j'ai aussi tenu M. Wright responsable », a-t-il dit.

M. Harper n'a pas répondu aux questions des journalistes qui lui demandaient s'il faisait toujours confiance à M. Novak ou s'il avait discuté de toute l'affaire avec lui au cours des dernières heures.

Le procès du sénateur Duffy a permis d'apprendre mardi que le conseiller juridique de M. Harper, Benjamin Perrin, a déclaré sans détour à la Gendarmerie royale du Canada que M. Novak savait que Nigel Wright avait fait un chèque de 90 000 $ au sénateur Duffy.

Il dit avoir participé à une conférence téléphonique avec l'avocate de M. Duffy au cours de laquelle il a été mentionné que M. Wright signerait ce chèque. Cette conférence téléphonique, a-t-il dit, s'est déroulée en présence de MM. Wright et Novak. « Je me souviens avoir regardé Ray Novak pour voir sa réaction », a-t-il dit à la GRC.

Questionné lui aussi par la GRC, Ray Novak, qui était secrétaire principal de M. Harper à l'époque, a nié avoir été au courant.

Interrogé au sujet des contradictions dans ces deux déclarations sous serment faites à la GRC, Stephen Harper a refusé de dire lequel de ses deux proches collaborateurs il croyait, ou de dire quelles conséquences allait encourir le menteur lorsqu'il serait découvert. « À mon avis, il y a deux personnes responsables », a-t-il répété une fois de plus, en référence à MM. Wright et Duffy.

La semaine dernière, la porte-parole de Stephen Harper, Kory Teneycke, avait démenti que Ray Novak était au courant de cette histoire de chèque, comme le laissaient entendre des courriels déposés en cour. Il ne contestait pas que Ray Novak avait reçu ces courriels, mais soutenait qu'il ne les avait pas lus. Il avait même argué qu'il était « inimaginable » que M. Novak n'ait pas avisé le premier ministre s'il avait appris l'existence de ce chèque.

L'insistance des journalistes à interroger M. Harper au sujet de l'affaire Duffy a donné lieu à des accrochages entre eux et des partisans conservateurs, mardi.

Les libéraux exigent le congédiement de Ray Novak

Par la voix de son candidat dans Gatineau et ex-conseiller de Paul Martin, Steve MacKinnon, le Parti libéral du Canada a exigé mercredi le congédiement immédiat de Ray Novak.

Le PLC a aussi demandé au Parti conservateur de conserver toutes les communications entre M. Novak et Nigel Wright.

Un peu plus tôt, le chef libéral a continué à mettre de la pression sur son adversaire conservateur. « Les Canadiens méritent de faire confiance au premier ministre et à son bureau. La réalité, c'est qu'ils savent très bien que le premier ministre n'a pas été honnête avec les Canadiens. Il est temps que le premier ministre commence à être ouvert et honnête avec le peuple canadien », a déclaré Justin Trudeau, en point de presse à Winnipeg.

Le chef néo-démocrate a tenu des propos similaires en fin d'après-midi. « Avec les témoignages qu'on vient d'entendre dans le procès Wright-Duffy, c'est assez évident que M. Harper n'a pas joué franc-jeu avec les Canadiens. Il n'a pas dit la vérité et c'est assez clair », a commenté Thomas Mulcair.

« Son principal porte-parole a dit il y a quelques jours qu'il était impensable que [...] M. Novak savait, parce que si Novak savait, M. Harper savait. Donc, un plus un font deux. Maintenant qu'on sait que M. Novak savait, on est capable de conclure que M. Harper le savait bel et bien. Il est temps qu'il commence à dire la vérité aux Canadiens. »

Le Bloc québécois a aussi réclamé que Ray Novak soit renvoyé ou quitte de son propre chef.

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